USA : Le "détail qui tue" du programme BioWatch3

Par Theatrum Belli @TheatrumBelli

En juillet, les agents du Département de la Sécurité Intérieure se sont rendus au Capitole pour offrir aux législateurs de la Chambre des Représentants une explication et une démonstration du programme BioWatch3, qui est conçu pour alerter les autorités de l’intrusion d’armes biologiques potentiellement létale sur le territoire américain. Apparemment, ils n’ont pas apprécié ce qu’ils ont vu. 

Le député Dan Lungren, représentant républicain en Californie, et membre de la commission sécurité intérieure de la Chambre, a annoncé, dans un discours concis publié à l’issue de la réunion, que BioWatch3 pourrait être le programme d’acquisition le plus cher dans l’histoire du département. 

Mais les questions sont restées en suspens pour savoir si la technologie fonctionne, et Lungren a demandé une audition en septembre pour juger d’un éventuel progrès. Des membres de la commission, ainsi que la sénatrice Susan Collins, représentante républicaine de l’état du Maine, membre honorable du Comité sur sécurité intérieure et les affaires gouvernementales du Sénat, ont exigé un rapport du Government Accountability Office*, qui sera publié dans le cadre de l’audition. 


Le programme BioWatch était conçu pour détecter les éléments pathogènes répandus dans l’air des grandes villes, et a vu le jour dans le sillage des attaques à l’anthrax de 2001. 

Les contrôleurs actuels montrent des taux d’avertissement fortement erratiques et inspirent une confiance mince en les agences de santé publique. De plus, les prélèvements d’échantillons sur des lieux éparpillés dans ces villes doivent être effectués manuellement et rapportés dans un laboratoire pour y être examinés. C’est une procédure laborieuse et chronophage qui, apparemment, rend inopérant le système de ″l’alerte précoce″. 

Le programme BioWatch3 est censé éliminer ces défauts. Les boitiers qui flairent les échantillons d’air sont destinés à être un ″laboratoire intégré″ automatisé qui peut détecter les éléments pathogènes, puis avertir en mode sans-fil les autorités que quelque chose de néfaste a été détecté. 

Un amendement au projet de loi sur la sécurité intérieure de 2011 demandait que de stricts critères soient remplis avant que tout nouveau système de bio-détection ne fût autorisé. L’amendement fournissait également des lignes directrices dans le cadre de l’amélioration de la fonctionnalité du système actuellement déployé. 

Un rapport des presses universitaires de 2009 sur le programme indiquait que ″les améliorations proposées pour le système BioWatch seront possibles, uniquement si de significatifs obstacles scientifiques et techniques sont surmontés.″   

Le rapport soulignait que tout dépend du fait qu’un des détecteurs soit au bon endroit au bon moment. Cela ne fonctionne pas, à moins qu’un terroriste vienne répandre l’élément pathogène à côté des collecteurs d’échantillons d’air. Leur exacte localisation et la liste des villes qui en disposent sont classifiées. 

L’année dernière, monsieur Lungren et le député Gus Bilirakis, représentant républicain de Floride qui siège dans deux sous-comités sur la sécurité intérieure, ont adressé à la secrétaire d’état du Département de la Sécurité Nationale, madame Janet Napolitano, plus de 25 questions ″afin que nous puissions nous assurer de l’intégrité de ces procédures d’acquisition extrêmement coûteuses. En toute franchise, la réponse du département fut insatisfaisante, et les questions prégnantes sont demeurées sans réponse,″ a déclaré monsieur Lungren. 

L’audition est actuellement prévue pour le 20 septembre. 

Auteur : Stew MAGNUSON 

Source : National Defense Magazine 

Traduction pour Theatrum Belli : Robert ENGELMANN