Paix, amour et armes dans le Sud

Publié le 05 septembre 2012 par Robindebrousse @robindebrousse

Vendredi dernier, The Economist a révélé un graphique sur la vente d’armes aux pays du Sud. Rien de très étonnant, les États-Unis sont en tête, suivis de la Russie. J’ai cependant été surprise par la part relativement «basse» de la Chine. On remarque aussi que l’année 2011 a été particulièrement lucrative pour les vendeurs d’armes (qui a dit-il que les pays du Sud étaient fauchés?). D’après The Economist, 60% des armes vendues en 2011 ont été achetées par les pays du Sud, pour un total de 28 milliards de dollars. Le magazine note aussi que la forte demande en 2011 a été causée par la forte demande provenant d’Arabie Saoudite qui totalisait 2.8 milliards. L’Inde arrive en seconde position et a acheté pour 2.7 milliards en armes – provenant principalement de Russie.

Ce qui est drôle dans tout ça c’est que je m’attendais à ce que la demande d’armes des pays du Sud soit tirée vers le haut par des pays qui ont connu une guerre civile et qui avaient les moyens de se ravitailler en armes (la Libye par exemple). Ce n’est pas le cas.

Si on regarde plus en détail les statistiques du «commerce international des armes», le rapport du Grip 2011 est particulièrement intéressant. Si on combine la demande en armes entre 2000 et 2009, la Chine est le premier importateur d’armes dans le monde (11% de la demande mondiale), suivi de l’Inde et de la Corée du Sud. Comme quoi, les fruits de la croissance ne servent pas seulement au bien être des habitants!

Si on compare les stats précédentes avec l’incidence des conflits armés dans le monde en 2011, on remarque que l’adage  «Qui veut la paix, prépare la guerre» est bel et bien vrai! Les pays qui dépensent le plus en armement ne sont pas forcément ceux qui sont en situation de conflit. (À moins que les pays en conflits se ravitaillent essentiellement en armes bon marché ou ait une préférence pour la machette!)

Source : Armed Conflicts Report 2012, Ploughshares. Notons que la Tunisie et l’Egypte qui ont connu des bouleversements politiques en 2011 ne sont pas identifiés parmi les pays en situation de conflits armés. Ceci peut s’expliquer par le fait que Ploughshares considère qu’il s’agissait plus de soulèvements pacifiques ou parce que l’intensité de ces conflits (nombres de morts) n’étaient pas suffisamment forte (1 000 morts et plus).

Pensez-vous l’adage «Qui veut la paix, prépare la guerre» tient la route? Si oui, pourquoi?

Compléments de lecture :

Dossier sur les conflits armés 

L’éducation dans les conflits armés : la spirale meurtrière, rapport de l’UNESCO, 2011

Armed Conflicts Report 2012, de Ploughshares