Ma rentrée littéraire

Publié le 10 septembre 2012 par Assouf
Je fus quasiment incapable de répondre à la question : "quel est le dernier livre que tu as lu ?" J'en fus tout perturbé et effrayé. Oh ! certes, j'ai fini par retrouver D'un retournement l'autre, de l'ami Frédéric Lordon, lequel a le défaut d'être économiste, mais défaut largement compensé par son adoration, à juste titre (parce que Philippe Val aussi l'adore), pour Spinoza, ainsi que pour Céline puisque le titre rend hommage à l'élusion célèbre de D'un château l'autre.
Rentré chez moi, je retrouvai une pile de livres relus, partiellement ou non, récemment, ce qui eut un effet légèrement rassurant. Et puis, j'ai toujours le Journal de Léon Bloy et Au régal des vermines de Marc-Edouard Nabe, en cours, c'est vrai.
Et finalement, la rentrée littéraire n'est arrivée à moi que par le skandal Richard Millet, dont je n'ai pas fini de parler. Pour me rattraper, j'ai commencé par aller acheter les pamphlets scandaleux. Il me fallut donc aller en librairie, et la parcourir - les parcourir. 
On y remarque qu'un kilogramme de lessive est offert pour trois livres du Guillaume Lévy achetés. Je cèderai lorsque ce sera de la lessive bio, ce qui ne saurait tarder. Je feuillette alors quelques livres de la "rentrée littéraire", le livre d'Angot, par exemple. Je recommence : 
Un kilo. De lessive. Trois livres. Guillaume Lévy. Pas de la lessive bio. Pas encore. Bientôt. D'autres livres de la rentrée littéraire. Angot. Par exemple. 
Je ne me souvenais plus ce que je n'aimais pas dans son écriture. J'ai vite trouvé. Des "phrases" nominales. Millet en parle, d'ailleurs, on se demande bien qui il cible...
Ecoeuré, je me rends au rayon "Littérature française". "A, comme Artaud", pensai-je naïvement. Mais Antonin Artaud n'a pas l'heur de figurer dans les rayons de cette librairie, ni dans les deux autres parcourues ce jour. Je suis persévérant, jusqu'à une certaine limite, c'est entendu. "B comme Bloy, ou Bernanos" ! Rien ! Il n'y a rien, absolument rien. La littérature française se passera d'eux. 
Guy Debord, reviens !