Dis moi de quoi tu parles, je te dirai qui tu es

Publié le 15 septembre 2012 par Juliendenisot @ValeursAjoutees

Ou comment nos sujets de prédilection en disent long sur notre état d’esprit.

De retour de vacances en Islande! J’espère que vos vacances ont elles aussi été très bonnes.

L’article d’aujourd’hui porte sur nos sujets de discussions qui expliquent en partie pourquoi on n’avance pas autant qu’on le souhaiterait. A mon sens, il est possible de distinguer trois catégories de conversations :

Les personnes


La plupart des conversations portent sur des personnes. Par exemple, il m’arrive souvent dans les transports en commun d’intercepter des conversations qui parlent des gens, de leur vie, de leurs tribulations et émois, etc. En général, ça ne dépasse pas :

  • Tu as vu, il a grossi.
  • J’ai vu Marie l’autre jour, elle a acheté un appartement avec son copain. C’est dingue, elle n’a pourtant clairement pas les moyens.
  • Elle s’est acheté des chaussures hier. Si tu voyais ça… elles sont trop moches.

On faisait pareil dans la cour de récréation. En fait, je pense que parler des personnes est une perte de temps pure. C’est du commérage : au mieux du simple constat, au pire de la critique gratuite.  Et dans tous les cas, cela n’apporte rien au système car cela se limite à du simple commentaire sur une personne souvent absente: c’est à peine plus productif que de regarder la télé.

Donc :

  • Parler des personnes relève du simple jugement de personne auquel je suis, par principe, opposé.
  • C’est de surcroît inutile, car personne n’en retire aucun enseignement. Cela ne fait rien progresser, si ce n’est un quelconque égo. Du genre « regarde comme il est mauvais, nous on n’est pas comme ça ah ah ah ». ah ah ah…

Faits


Un cran au dessus : parler des faits, de l’actualité. On n’est cette fois pas sur du jugement de personne mais sur des faits de la vie courante ou de l’actualité. Exemples :

  • Tu as vu l’impact de la crise financière en Grèce ?
  • Lors de nos derniers travaux, on a eu des problèmes de fuite au niveau du ballon d’eau chaude.
  • Les soldes ont commencé hier !

Je suis assez mitigé sur l’art de parler des faits. Cela dépend de ce qu’il y a derrière : si c’est pour en tirer des enseignements, alors les faits sont là à titre illustratif. A ce titre, il est bon d’en parler car ils apportent quelque chose à la discussion.

En revanche, citer des faits pour citer des faits n’a aucun intérêt. Un peu comme si on se limitait à dire « c’est la crise », sans en déduire quoique ce soit sur l’après. Cela revient à faire de simples constats, même si ils n’ont pas les conséquences malsaines du jugement de personne (cf ci-dessus).

Les idées


A mon sens, l’optimal est de parler des idées. Parler des idées, c’est déjà en soi évoluer. C’est chercher des enseignements, et une conduite à tenir face aux évènements qui nous impactent au quotidien.

La nuance par rapport aux faits, c’est qu’on n’est pas dans le simple commentaire/constat. On est dans la recherche de solutions. Dire « c’est la crise » est un constat. Dire « voici comment je fais pour ne pas subir la crise » est une idée. C’est pour cela que les débats d’idée sont toujours sains. Par exemple :

  • Quelle stratégie dois-je adopter pour investir à travers mon PEA ?
  • Il nous est arrivé un problème lors des travaux dans notre appart, du coup voici ce qu’il y a à en retenir pour la prochaine fois.
  • J’ai trouvé un moyen pour dormir plus efficacement

Bien entendu, il y a moyen de nuancer tout ce que je viens de dire. Certains propos ne sont jamais à 100% sur les faits, sur les personnes ou les idées. Il y a toute une quantité de cas intermédiaires. Mais là n’est pas l’important. Ce qui importe, c’est de se poser les bonnes questions. Par exemple, être en capacité de se dire une fois de temps en temps « dans quel champ je me situe en ce moment ? ».

Ainsi, si on passe 90% de notre temps à parler des autres personnes (potins, ragots, commentaires acides etc.), est-il étonnant qu’à un moment on ait l’impression de ne pas progresser dans la vie ?