Les terrasses bordelaises passent à la caisse

Publié le 24 septembre 2012 par Bordeaux7

C’est dans un contexte déjà tendu par la future campagne électorale que les élus bordelais se sont réunis hier pour le conseil municipal de rentrée. Avec au menu, entre autres, la tarification des terrasses.

Les élus ont en effet adopté une nouvelle grille tarifaire pour l’occupation temporaire du domaine public. Avec un double objectif : augmenter des tarifs restés relativement faibles en dépit de l’attractivité croissante du centre ville depuis une dizaine d’années, afin de mieux tenir compte de la valeur économique de l’espace occupé ; et maîtriser mieux le développement de ces terrasses en établissant des tarifs parfois volontairement prohibitifs. Toutefois, «la hausse des tarifs est au final comparable aux habituelles augmentations annuelles, soit environ 2%», a assuré l’adjoint Jean-Louis David, en charge du dossier.

Commerçants «vaches à lait»

Dans les rangs de l’opposition, l’élu PS Matthieu Rouveyre a vivement contesté les calculs avancés et dénoncé «une décision brutale» qui «met en péril» l’activité de certains commerçants, «vaches à lait» de la municipalité. «On sait que vous cherchez par tous les moyens à remplir les caisses de la Ville et on sait que vous aimez les taxes» a commenté Matthieu Rouveyre à l’intention d’Alain Juppé.
«Parler d’asphyxie des commerçants, c’est une aimable plaisanterie », a répliqué ce dernier, dénonçant «la démagogie» de l’opposition bordelaise. Et de reprendre les chiffres : dans le secteur sauvegardé de Bordeaux, le m2 de terrasse ouverte sera facturé 53,40€ /an aux commerçants. «C’est nettement moins que Nantes (63€/an), Lyon (90€/an) ou Toulouse (73€/an)», commente le maire. «C’est l’équivalent de 2 cafés par mois ! Soyez sûrs que le chiffre d’affaires généré pas la terrasse est bien supérieur !» Son adjoint confirme, évoquant les nombreuses demandes formulées auprès de la mairie : 150 dossiers de création ou d’extension de terrasses ont été déposés en 2011, selon ses chiffres. 
Dissuader les terrasses fermées
Avec tout de même le cas particulier des terrasses fermées, pour lesquelles Jean-Louis David a confirmé la mise en place d’un nouveau tarif volontairement dissuasif (238,68€/m2/an en secteur sauvegardé) : « oui nous voulons les limiter car il s’agit finalement d’occupation définitive du domaine public, une extension de fait de la surface commerciale. Il y en a 11 en centre-ville et nous avons engagé avec chaque propriétaire un dialogue ciblé». La nouvelle réglementation encadre aussi les équipements utilisés pour ces terrasses. Des tarifs élevés (480,73€ par unité) ont ainsi été fixés pour l’utilisation de brumisateurs ou de chauffages sur pied, jugés «pas très développement durable».•
Sophie Lemaire

Echange d’amabilités
Le conseil municipal bordelais d’hier a aussi été, comme toujours et certainement de plus en plus à l’approche des élections, le théâtre de quelques piques bien senties de part et d’autre. Avant même le début de la séance, Alain Juppé est revenu sur ses déclarations du week-end (il avait qualifié l’attitude de la gauche bordelaise et de Vincent Feltesse en particulier de «bal des faux culs») : «Il parait que Monsieur Feltesse n’est pas candidat... j’appelle ça le bal des faux culs !», a t-il confirmé. Avant d’ajouter : «M. Respaud doit le vivre douloureusement... il est au charbon pendant 6 ans et au dernier moment il se fait virer ! Ca s’est déjà produit en 2008, ça se reproduira certainement cette fois». «Ne pleurez pas sur mon sort, M. Juppé, je n’ai pas pleuré sur le votre!» a répondu Jacques Respaud plus tard en conseil municipal, alors que le maire faisait la même remarque en séance.

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