Dead Can Dance ressuscité

Publié le 30 septembre 2012 par Janosizoltan

Que d’émotions hier soir au Cirque Royal de Bruxelles!
La salle était annoncée sold out. La venue en Belgique du groupe australien Dead Can Dance était presque inespérée, après plus de 5 ans d’absence.
Dans le public, de nombreuses têtes connues – les habitués de feu les soirée Pilgrimage et autres Fantastic Night – prêtes à venir apprécier deux heures de méditation collective autour de la splendide voix de Lisa Gerrard.

L’avant soirée débutait au Wine Walk, petit restaurant de dégustation de vins. Je recommande la qualité des plats servis avec le verre de rouge recommandé par le patron. Un délice et on s’y sent bien.

A 19h, les portes s’ouvrent enfin. On sent l’excitation de certains, on croise les faux vendeurs/acheteurs de tickets (mais que fait la police!), on entend les plus anciens parler de leur premier concert de DCD il y a plus de 20 ans.

20h, la salle accueille les derniers, les portes se ferment. La première partie donnait le ton. Nadishana – Kuckhermann Duo. Deux percussionnistes jouaient avec leurs instruments aux formes bizarres des musiques d’un autres âge. Irréel. transcendant. Prenant.
Une soucoupe volante fermée, en cuivre (je crois), qui résonne différemment à chaque frottement. Une guimbarde qui rappelle le Out of Space de Prodigy… Un rythme mélodieux qui nous transporte pendant plus d’une demi-heure vers le nirvana musical. Sans voix. Une belle façon d’entamer la nuit.

21h10, “ils” arrivent. Brendan Perry en premier, la claviériste Astrid Williamson (une backing vocal de rêve) le suit et enfin tous les autres membres du groupe. A ce moment déjà, le public était entrain d’applaudir. Puis arrive la diva, la voix qu’on veut tous voir, entendre… Lisa Gerrard herself. Un tonnerre d’applaudissement qui n’en finit pas. Quelle belle entrée en matière pour eux! Pas une note et déjà tous les éloges…

Avec Children of the Sun, on entre d’emblée dans leur univers. Des claviers longs, une batterie tapant le même rythme pendant 8 minutes, et Mr Perry qui ouvre le bal. We are the Children of the Sun. C’est aussi la chanson intro de leur nouvel album Anastasis.

Miss Gerrard enchaîne avec Anabasis. Rendez-vous quelque part en Mésopotamie. Heureusement qu’on reste assis. C’est prenant. Sa voix vient d’ailleurs. Envoutante, elle ne force rien. Lisa reste droite, telle une princesse qui exige de vous, fidèles, de vous tenir prêts à l’explosion. A l’envie. Elle est maîtresse de vos sens. Ses mains posées sur le pupitre, elle ne bouge pas. Elle implore votre écoute. Ce sera probablement sa seule demande.

Lisa Gerrard joue aussi au Dulcimer, et entame Rakim, place titulaire de mon album préféré Towards de Within, laissant place à la voix de son ex-compagnon Brendan Perry. Et puis, soudain, la voix de Astrid Williamson (que je découvre…) qui finit la chanson dans un océan de notes… on en redemande.

Les esprits s’emballent avec Kiko où les envolées lyriques nous ramènent à l’époque des Marco Polo et des longues traversées du désert. Seul dans cette étendue de sable, on ne peut que s’imaginer la richesse de la terre, les kilomètres à parcourir. Une certaine remise en question de son train train quotidien. Tout cela avec des paroles souvent incompréhensibles, laissant place à l’intensité du voyage.

Lamma Bada, une des seules chansons expliquées par Perry, tisse un décors Maure dans le sud ibérique, où l’amour d’un être cher rend la vie difficile. Superbe.

On reste dans les tons arabisants avec Agape. C’est là qu’on constate la maîtrise parfaite de Lisa Gerrard. Voix puissante tout en jouant de son instrument.

Amnesia suit, comme sur l’album. Décidémment ce nouvel opus est fabuleux! J’ai parfois cru entendre des arrangements à la Massive Attack…

Après Rakim, voici mon 2e morceau favori… Sanvean (Towards de Within) laisse place intégralement à la voix de Lisa Gerrard. Un clavier léger l’accompagne. On sort les mouchoirs, les frissons sont bien présents. Lisa, don’t stop, please…. Assurément mon coup de coeur du spectacle d’hier soir.

Dead Can Dance entame la plage n° 1 de Spritichaser, avec Nierika, et ce son beaucoup plus proche des tribus africaines. Cela donne envie de chanter avec eux. Des esprits rassembleurs nous entouraient dans la salle…

Et vu que l’envoutement était total, Opium – du dernier album – arrivait à point! Fumons ensemble mes frères…

The Host Of Seraphim nous rappelle que l’album The Serpent’s Egg, produit en 1988, nous faisait déjà vibrer avec des arrangements vocaux proches des choeurs Grégoriens de l’Armée rouge. Un vestige d’une autre époque qui renaît de ces cendres, le temps d’un soir. Please stay quiet and listen.

La Turquie avait aussi sa place, avec la chanson Ime Prezakias. On se met à taper des pieds, on est libre…

Le décors ne change pas beaucoup pendant toute la durée du concert. Des jeux de lumières efficaces qui révèlent la grandeur scénique et théâtral des deux artistes principaux. Avec Now We Are Free, on revient avec quelque chose d’un peu plus moderne, magistral.

All in Good Time fermait le set, avant les rappels (j’aurais préféré qu’il ne la fasse pas du tout…)

on a eu droit à 3 rappels quand même!

Avec  (dans le désordre, je ne me souviens plus exactement): The Ubiquitous Mr. Lovegrove, une jolie reprise de Song to the Siren de Tim Buckley par Mr Perry accompagné de ces deux claviéristes, Dreams Made Flesh (de This Mortal Coil je crois), Rising of the Moon (Wandering Star) – vidéo ci-dessous – et l’indispensable Return Of The She-King, qui nous replonge dans un pseudo-univers des Croisades!

Conclusion

Pas grand chose à redire… Leur maîtrise, leur perfection, et leur désir se ressent à chaque instant. Dead Can Dance assure sur scène. Le son du Cirque Royal était particulièrement bien réglé. Le public était réceptif, probablement drogué par les mélodies éternelles qui continuent encore aujourd’hui à tourner dans ma tête. J’en redemande. Encore.

Line up de ce samedi 29/09/2012 – Cirque Royal, Bruxelles.

Brendan Perry – Voix, Guitares, Dulcimer
Lisa Gerrard – Voix, Dulcimer, Clavier
Astrid Williamson – Claviers, Backing Vocals
David Kuckherman – Percussion, Handpans, Claviers
Jules Maxwell – Claviers, Backing Vocals
Richard Yale – Basse, Claviers
Dan Gresson – Batterie

url: http://www.deadcandance.com

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