Edito #1: L’apostat

Publié le 04 octobre 2012 par Meidievil @gamerslive

Je ne savais vraiment pas quoi prendre comme image mais, les prochaines fois, Cédric choisira.

Au début il n’y avait rien. Ou que des trucs ennuyeux. Nous travaillions sous les coups de fouets, les jeux vidéo n’existaient pas (voyez un peu !! les jeux vidéo n’existaient pas !!) et personne n’était d’équerre quant à l’origine du monde – comprenez Internet. Bien, ça … c’était avant. Notre passé était violence, les écrans monochromes de notre enfance, j’en suis intimement persuadé (modérée l’intimité, je ne vends pas mon corps), terroriseraient les tous frais, et pour l’instant joyeux, bambins de ce IIIé rei… millénaire, pardon je m’égare. Et puis un jour, sans prévenir, nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Comme pour Jésus venu sauver le monde en projet (Mario le fera en acte), nous ne le sûmes que plus tard. Une fois apprivoisés, enchaînés à l’industrie du jeu. Après la sortie de Pong. Ou Pacman. Ou Zelda peut-être. Ou … oh et puis merde adorez qui vous voulez ! Mais adorez, c’est tout.

Pour une ontologie du monde – comprenez, je m’efforce de vous le répéter, Internet -, il fallut débattre, parfois se débattre  avec quelques mécréants de passage (bash, loot, bash), et sans doute débattons-nous encore, avec passion, qui de Mr Gates ou son éminence Jobs fut le créateur du nouveau monde et/ou l’impulseur, le démiurge, tout à fait innocemment, du nouvel ordre – comprenez Facebook. Il serait intéressant, à défaut d’être salutaire, de bien pointer le moment, clivant, qui sépare la préludie de la vidéoludie. Vous n’aimez pas les néologismes ? Ça vous file des migraines ? Vous n’avez pas fait latin au collège ? C’est bien dommage.

Bref, nous voilà errant, barbotant dans d’antiques abysses – comprenez avant Mario, ne discutez pas c’est un décret –, farfouillant nos greniers à la recherche du graal, celui qu’on dit saint, le code de base, le code primordial de toute la matrice. Et rien n’est encore très sûr. Oui, pour digresser un peu, vous pouvez également adorer la matrice, la suivre des yeux sans vous impliquer. Or, nous avons tout un panthéon de dieux, un aquarium de carpes toy, plus ou moins bienveillants : Molyneux, Romero (qui a déçu), Sid Meier et jusqu’à Christ Taylor. Et le saint esprit de prendre possession des plus grands et construire le monde (qui n’est bon que virtuel). Mais on peut aussi bien s’en foutre. C’est une option qui a ses bons côtés. C’est choisir pour la facilité. C’est … oh, du moment qu’on peut se gaver de rail-shooters AAA et collectionner des Pokemons par cargos entiers.

Et j’ai fauté, je suis devenu l’apostat, j’ai trahi mon église. J’ai voulu aller respirer d’autres prés plus frais. Perdu dans l’actualité et la géopolitique, bafouillant en solitaire des pensées qu’avec personne je ne partageais, m’isolant mentalement, construisant des murailles, et grandes, pour un délire dont je me réveille à peine : je voulais en être, changer le monde. Ce qui, virtuellement, n’est déjà pas toujours évident (Hearts of iron me file des crampes à l’hypothalamus et, dans une autre mesure, Pokemon m’angoisse). Oui, j’ai fauté, j’ai tourné le dos à la première de mes grandes passions et j’ai vogué sur d’autres mers. Hé bien c’est fini. Univers parallèles, bugs dans le continuum espace-temps, absurdités et mondes impossibles, me revoilà. Dans la joie je communie à nouveau depuis que j’ai participé à nouveau à l’eucharistie (une douzaine d’heures sur Supreme Commander 2 en est une forme plus actuelle). Pour votre plaisir … évidemment.