Culture : Au-delà d’une société inhabitée

Publié le 23 octobre 2012 par Lilioto

Hello ! Où es-tu ? Demande le Temps.  Dans la mélasse ! Répond le Présent. Oh ! Burlesques impressions, se dit le Temps. Non, non ! Juste un trouble de perception, murmure le Présent. Voilà du temps cassé à se briser le présent sur le dos du temps se dit le Temps.

« Quel drôle d’existence » s’indigna le Présent, d’un sourire d’une finitude innocente opposable au temps. « Où suis-je ? » en mutation, en mode débâcle et récession ? Déboutonné du temps par une simple mue de l’esprit ? Arraché au temps et au vivant comme un extérieur écarté des choses ? Désagrégé au sein même des paradoxes de l’espace-temps ? Désavoué puis blacklisté par cette satanée et baroque géométrie du vivant ? Délocalisé, limogé, morcelé puis démantelé pour fleurir l’air du temps !

Est-il plus facile de me briser moi le Présent que de m’optimiser au regard du temps ? Initie-t-on le vivant en une insoutenable raison d’être vissée en un sommaire concept rationnel, fonctionnel, spectaculaire de l’art du temps évoqué, pensé, édicté, raisonné, spéculé mais toujours cogité !

Que le présent s’éclipse ! Et nos existences ne seront que nos hombres, les champs des possibles poignardés et nos pluralités immédiates transcrites irréductiblement dans une zone interdite et confinée. Serions-nous condamnés à une extériorité totalement déshumanisée, l’exclusion et l’abrogation de soi.

La quintessence du présent est dans son au-delà : le diamant instinctuel de l’humanité.

Aujourd’hui, mon présent est une larme esseulée qui glisse au profond de mon expérience intime absorbée par la présentification et la représentation d’un espace du sensible ligoté par l’ampleur d’un certain désastre humanitaire ne cessant de s’exemplifier. Ici comme ailleurs se nichent sournoisement le règne d’une société sans visage et l’ère des civilisations inhabitées... 

Lili-oto