On a écouté: Wheels Turn Beneath My Feet, l’album live de Fink

Publié le 11 novembre 2012 par Swann

Il y a des artistes avec qui on entretient une profonde et intense histoire d’amour. Je ne parle pas ici de fanatisme, d’hystérie au premier rang, de pamoison devant un beau gosse de 25 ans, non je parle bien d’admiration, de profond respect et d’incapacité à s’éloigner de sa musique, d’amour du travail de l’artiste et pas de sa frimousse. Fink est une de mes plus belles histoires d’amour, une découverte dont je ne me souviens pourtant pas dans le détail, tant j’ai la sensation de l’avoir toujours connu… Je me souviens par contre tout à fait bien de la tête et de l’état de chamboulement dans lequel nous étions la première fois qu’une amie et moi l’avons entendu en live à Lyon: bouches ouvertes, stupéfaction, le timbre d’un charmeur de serpents, provoquant en nous un violent émoi à mi-chemin entre le désir et l’adoration mystique… Une rencontre qui marque, jugez par vous-mêmes ci-dessous, c’est le concert et avec « Sort of Revolution » une des plus belles…

Sort Of Revolution, Epicerie Moderne Oct 2009.

Je ne sais pas si il faut que je parle de lui ou d’eux, car Fink est aujourd’hui un groupe, même si en général on ne le résume qu’à son chanteur Fin Greenall. Il faut reconnaitre que temps au niveau de la voix que de la guitare, il est en grande partie responsable de la signature musicale du groupe, également composé de Guy Whittaker à la basse et Tim Thornton à la batterie. Mais sur scène, le franc sourire de Fin se déclenche grâce à la complicité qu’il entretient avec ses compères, l’harmonie est tellement naturelle entre eux, la batterie montant en puissance avec les envolées de la guitare de Fin, que l’on peut effectivement parler d’ »eux », d’un groupe. Je ne saurais vraiment vous décrire en quelques mots leur son car ils ne ressemblent à aucun autre, pour une fois je peux échapper au jeu des ressemblances et rapprochements. Fin travaillait à la base comme DJ (l’est toujours en side project de Fink), créant de la techno ambiante, puis de l’électro, mais cela ne fait qu’inffluencer leur musique d’aujourd’hui, ne la définit absolument plus. Fin est surtout un guitariste absolument prodigieux, son finger-picking est reconnnaissable en un instant, on parle notamment de folk à son sujet mais le terme est ici bien trop réducteur, on est loin de la folk Americana, parfois plus près du blues, mais c’est tellement plus ! Le song-writing est précis, touchant, sexy aussi, des histoires qu’il vous susurre de sa voix de velours à l’oreille, des réflexions sur notre condition, nos états d’âmes et nos envies à tous. Parfois lorsque le morceau s’emballe et on peut alors comprendre les origines électro, les sons de sa guitare en strates s’additionnant les unes aux autres, cette utilisation du beat jusqu’au climax…

J’ai tous leurs albums dans mon i-phone en cas de panne de mon i-pod. Ils ne m’ont jamais déçu d’un album à l’autre, et leurs lives (je ne compte plus combien j’en ai vu !) font partie des concerts les plus forts émotionnellement qu’ils m’aient été donnés d’expérimenter. Et justement c’est de leur album live Wheels Turn Beneath My Feet sur lequel je souhaitais particulièrement attirer votre attention aujourd’hui. C’est enfin l’album qui retranscrit le meilleur de la musique de Fink, l’improvisation ou du moins la sensation d’improvisation que l’on ressent à chacun de leur concert, l’intensité de chacun de leur titre poussée à son paroxisme. Le titre « Warm Shadow » paru sur cet album fut enregistré à L’Epicerie Moderne de Lyon, en la présence de votre serviteuse et je souhaiterais pouvoir avoir l’intégralité de l’enregistrement de ce concert tant ce fut magique. La scènographie était aussi particulièrement lêchée lors du Perfect Darkness Tour, une rampe de spots y était montée comme une colonne vertébrale réagissant aux beats, ce qui additionné à leur musique rendit l’ambiance totalement électrique ce soir là. Mes concert buddys du soir connaissaient à peine ce qu’ils étaient venus voir: ils sont tombés « head over heels » au bout du deuxième morceau… Et moi, moi je fermais les yeux, pleurais, vivais l’extase musicale parfaite… Soupir…

Donc cet album vous l’aurez compris, est de l’émotion pure en chanson, mais également un bon best off si vous vous frottez à la musique de Fink pour la première fois. Je vous propose ci-dessous un petit reportage pour mieux les comprendre et voir un peu de quoi je viens d’essayer de vous parler. Ci-dessous également, le titre que je pourrais me faire tatouer tant ses paroles raisonnent, « Yesterday Was Hard on All Of Us », dans une version qui n’est pas présente sur l’album mais qui est tout simplement magnifique car enregistrée avec le RCO, l’orchestre philarmonique des Pays Bas. Et sinon, je vous suggère de mettre Wheels Turn Beneath My Feet si vous souhaitez ajouter ce petit je ne sais quoi qui rendra l’ambiance insoutenablement hautement sensuelle lors de votre prochain tête à tête dans l’intimité d’une lumière tamisée… Celui là ou tous les albums de Fink à la suite en fait ! Mais ça, c’est à vous de voir…

Yesterday Was Hard On All Of Us

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