HYPERSOMNIE: Un somnifère naturel dans le cerveau – Science Translational Medicine

Publié le 26 novembre 2012 par Santelog @santelog

Une substance dans le liquide céphalorachidien qui agit comme un somnifère…Ces chercheurs de l'Emory University School of Medicine ont découvert que de nombreux adultes qui ont un besoin accru de sommeil et présentent une hypersomnie particulière ont cette particularité. Ces conclusions publiées dans l'édition du 21 novembre de la revue Science Translational Medicine et commentées sur le site de Science, proposent une alternative aux stimulants, peu efficaces dans ce type d'hyper-somnolence.


Cette hypersomnie, c'est comme essayer de conduire une voiture avec le frein : Ces patients semblent avoir une «hypersomnie primaire», un type de trouble du sommeil bien spécifique et différent du SAOS ou de la narcolepsie. Ils vont devoir dormir régulièrement plus de 70 heures par semaine et auront des difficultés à se réveiller. Et, au réveil, ils auront un temps de réaction comparable à celui de quelqu'un qui a passé une nuit blanche. Leur somnolence va bien évidemment interférer avec le travail ou l'école et les traitements conventionnels ne parviendront pas à les soulager. «Ces personnes se décrivent avec l'impression d'avancer dans un brouillard, d'être physiquement, mais pas mentalement éveillées», explique l'auteur principal, le Pr David Seigle, professeur de neurologie à l'Emory University. Car lorsqu'un médecin constate une somnolence excessive chez un patient, il pense généralement à une déficience dans le système veille-sommeil qui peut être traitée avec des médicaments stimulants. Cependant, chez ces patients, la situation s'apparente davantage à essayer de conduire une voiture avec le frein. En conclusion, ces hypersomnies primaires sont invalidantes et encore mal comprises.


La piste du flumazénil pour rétablir la vigilance : Cette étude clinique menée sur 7 patients, très « endormis », malgré un traitement par stimulants, montre que le traitement par flumazénil peut rétablir la vigilance, mais avec une efficacité variable selon les patients, dont la vigilance a été mesurée par test de vigilance psychomotrice. Le flumazénil est généralement utilisé en cas de surdosage de benzodiazépines, comme le diazépam (Valium) et le zolpidem (Ambien), pour annuler leurs effets thérapeutiques.


Identification d'une substance « somnigène » : Les chercheurs souhaitaient déterminer le mystérieux « somnogène »,produit naturellement par l'organisme de ces patients pour tenter également de mieux comprendre comment notre cerveau régule les états de vigilance et de sommeil. Sur des échantillons de liquide céphalo-rachidien des patients, les chercheurs ont découvert une substance qui renforce les effets de l'acide chimique GABA (acide gamma-aminobutyrique), l'un des principaux inhibiteurs du système nerveux. Si cette substance optimisant GABA n'est pas encore décryptée, les scientifiques tentent aujourd'hui de la fixer. Chez les patients les plus atteints, ils estiment même l'ampleur de son effet à celui d'une anesthésie pour une intervention en ambulatoire.
Ce type d'hypersomnie qualifié par le DSM-V (à paraître) d' « hyper-somnolence majeure », pourrait ainsi trouver avec ces nouvelles données une définition biologique mais aussi un traitement efficace. L'efficacité dans ce cas du flumazénil qui, habituellement ne favorise pas l'éveil, donc sa capacité, ici, à normaliser la vigilance chez ce groupe de patients très somnolents est inédite mais fournit une piste. Une piste attendue, car, comme concluent les auteurs, « certainspatients doivent réellement se battre pour vivre normalement ».


Sources: Science Translational Medicine DOI: 10.1126/scitranslmed.3004685 21 November 2012 Modulation of vigilance in the primary hypersomnias by endogenous enhancement of GABA(A) receptors et Science Putting Themselves to Sleep (Visuels INSV)


Lire aussi:HYPERSOMNIE: Obésité et dépression, 2 prédicteurs majeurs de somnolence -