[Critique Cinéma] Skyfall

Par Gicquel

orsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause


"Skyfall" de Sam Mendes

Avec : Daniel Craig, Judi Dench, Javier Bardem

Sortie Cinéma le 26/10/2012

Distribué par Sony Pictures Releasing France

Durée : 143 Minutes

Genre : Action, Espionnage, Thriller

Film classé : -

Le film :

Mais pourquoi faire si long (143 mn !), pour un moment ne plus rien dire. Ca n’en finit pas ! Des séquences plus spectaculaires les unes que les autres (pour le savoir-faire, bravo) succèdent aux fonds rebondissements, le suspense ayant depuis belle lurette décidé d’aller voir ailleurs.

J’enrage devant une telle débauche d’énergie ,inutile,  une fois les bases de ce film, plus policier que « bondesque », établies. Car pendant plus d’une heure j’ai cru à ce grand coup de canif dans la légende de l’agent secret qui renaît comme un véritable flic d’aujourd’hui , confronté à l’ère de l’électronique ; les gadgets amusants sont désormais remisés au musée .

«  On n’est plus à l’heure du stylo qui explose » lui dit le jeune homme, façon Harry Potter, rencontré dans une galerie d’expositions. C’est l’acte fondateur du nouveau personnage de Bond,  affublé ainsi d’un bras droit à peine sorti du lycée. Mais c’est un as de la bidouille sur Internet et des logiciels faits maison !

Ce passage de relais augure d’une histoire peu conventionnelle, surtout que notre James Bond accuse au départ,  un gros coup de fatigue, et que la tournure des événements tient plus de  l’esprit de John Le Carré que de Mr Fleming.

Las, l’édifice sérieusement consolidé par un cinéaste qui ne manque pas d’audace ( Sam Mendes, que je suis surpris de trouver dans ce type de réalisation ) va s’effriter de lui-même, au fur et à mesure que l’épilogue approche . C’est peut-être plus le scénario qui pêche alors (l’enfance traumatique du héros, quelle invention !) bien que la réalisation cette fois ne se contient plus.

L’ouverture tonitruante, et en …cascades m’avait déjà contenté, plus, bien évidemment quelques combats tout aussi efficaces.  Alors, quand  la scène catastrophe du métro dégringole, les effets spéciaux ne me  font plus d’effets, et je ne parle même pas du final, grotesque à force de grandiloquence, et d’argent jeté par les fenêtres. Ca pue le fric et le gâchis.

S’il fallait en sauver quelque chose, c’est la nature du méchant qui sous les traits de Javier Bardem prend lui aussi des libertés avec les personnages-type de Ian Fleming. Une sorte de psychopathe mal remis de ses états de service au sein du M I 6, et qui cherchera à se venger coûte que coûte.

Poussé dans ses retranchements, notre homme  donne enfin le change à ce polar mal affûté. Maigre consolation.

En bref

Le film

J’ai cru un instant que l’on allait assister au premier Bond d’un genre nouveau. Un peu dans l’esprit John Le Carré. Mais très vite le réalisateur revient aux fondamentaux des films à grand budget qui donnent du spectacle tant qu’il y a du fric. Une indigestion.