Say oui to France

Publié le 29 novembre 2012 par Copeau @Contrepoints

Avec cette campagne de communication, l’État démontre qu'il ne s'adresse qu'au big business, capable de profiter de toute la complexité de la fiscalité française.
Par Vladimir Vodarevski.

Le gouvernement français a lancé une campagne pour attirer les investissements étrangers : "Say oui to France". Dans le même temps, il décourage les investisseurs français. La démarche est cependant logique, dans le cadre de la pensée économique de ceux qui nous dirigent.

Le gouvernement ne s'adresse pas aux créateurs d'entreprise. Il ne s'adresse pas aux investisseurs. Il ne vise pas la transformation du tissu économique vers la nouvelle économie de l'internet. Il ne considère pas le renouvellement du tissu économique du pays.

Le gouvernement s'adresse aux grosses entreprises, au big business, capable de profiter de toute la complexité d'une fiscalité. Il a créé un crédit d'impôt en faveur des grosses entreprises qui embauchent. Il maintient tous les avantages du crédit d'impôt recherche, alors même que, bien qu'il existe depuis 1983, l'investissement privé en matière de recherche reste faible en France en pourcentage du PIB.

Par cette campagne en direction des investissements étrangers, le gouvernement reconnait que l'investissement est important. Mais il montre aussi qu'il n'a pas de considération pour l'entrepreneur individuel, pour ceux qui se regroupent pour créer une société. La relance de l'économie ne peut pas passer par l'esprit d'entreprise des Français, par l'investissement des Français dans des start up. Le moteur de l'économie, c'est le big business, à qui le tapis rouge est déroulé.

Mais qu'en sera-t-il en terme d'emplois ? Le big business peut optimiser sa fiscalité, en se faisant rembourser ses frais de recherches par les contribuables, ainsi que ses embauches. Mais ces dispositifs s'adressent à un nombre limité d'entreprises. Le gouvernement se prive de l'addition de tous les emplois que peuvent créer les PME, et les investisseurs individuels. Et surtout les investissements des français attachés à leur pays, mais qui doivent quand même assurer une certaine rentabilité.

Mais les PME n'entrent pas dans le schéma du gouvernement, et encore moins les investisseurs individuels. Ce n'est pas le peuple qui investit, qui entreprend, qui crée des emplois qui compte. C'est le big business. Le gouvernement ne voit pas l'évolution de l'économie, ne raisonne pas en termes de renouvellement, en termes schumpétérien. Il considère qui faut attirer de grosses entreprises, industrielles de préférence, pour tirer la croissance. Une approche mercantiliste, en retard de plusieurs siècles.

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