Sion, capitale du Valais Suisse
Certaines personnes sont amoureuses du Japon, alors qu’elles n’ont jamais mis un doigt de pied en dehors de l’Île de France. D’autres, vouent un amour passionné aux Coréens – qu’ils approchent à travers la Pop et les Idols. Il y a ceux qui veulent parcourir les monts afghans et les déserts de Sibérie, dormir sous le ciel des steppes mongoles ; et les rêveurs d’Amazonie, de Fjords et d’aurores boréales.
Parfois, ça devient une obsession enivrante. Comme un coup de foudre, on croise le regard d’un bout de paysage dans le National Geographic ou dans un documentaire à la télé – et ça plante une petite graine dans notre tête, et ça nous fait penser sans cesse à cet endroit où l’envie d’aller devient monomanie.
J’ai eu ces « coups de foudre du voyageur assis » quatre fois ces quatre derniers mois : pour New York, pour Stockholm, pour le Makay, et pour … un bout de la Suisse.
Le Valais suisse
Avant qu’on ne me propose d’écrire un article sur le Valais, je ne connaissais rien de ce canton suisse.
J’ai cherché quelques photos. Je suis tombé sur ça :
Effet « Madeleine de Proust » immédiat. Ça m’a rappelé la Patagonie que j’ai vu, aimé, parcouru l’hiver dernier. Des paysages superbes, du vert et des glaciers : 680 rien que sur le territoire du canton ! 52 milliards de m3 de glace où planter ses pioches et ses crampons, à jouir du bleu si pur qui filtre à travers le sérac.
Des panoramas. Des pistes. Un ciel bleu électrique. Des forêts de sapins. Des chalets noirs, des cimes (47 !) culminants à plus de 4 000 m, des Saint-Bernards et des Huskies, des raclettes et des thermes, le glacier du Rhône et le lac Léman à proximité … Bam, coup de foudre.
Et puis, il y a les Suisses, et leur accent délirant.
J’ai envie d’aller faire un peu d’alpinisme avec eux. Revivre les sensations que m’ont procuré l’ascension d’un 6 000 mètres à la frontière chileno-bolivienne. Certes, il n’y a que des 4 000 mètres au Valais – mais ce sera largement suffisant pour revivre le bonheur de la montée, de la cordée, de la grimpe et de l’effort physique poussé à ses limites. Au bout de 6 000 mètres, je crachais mes poumons ; bondir de cîmes en cîmes en Suisse m’entraînera pour les futures ascension que je prévois dans le futur ! Le Mont Blanc, par exemple, est quelque chose que j’ai toujours eu envie de faire. Mais je ne suis clairement pas prêt – pour l’instant.
Je n’ai jamais vu le Valais, mais je me vois déjà au sommet de ces montagnes ; à voir ce type de paysage …
Par 1D110 (Flickr)
… heureux, contemplatif, comme l’homme au-dessus de la mer de nuages de Friedrich.
D’autant que ce spectacle ne sera pas éternel. Ne le sera plus. La fonte des glaciers et du pergélisol ne s’arrête pas aux frontières et la Suisse n’est pas épargnée. Je ne vous ferai pas de couplet « réchauffement climatique blablabla » mais je me dis sérieusement qu’un tel paysage à seulement 5h de train de Paris, avec le TGV Lyria. Le bus que j’avais pris de Lima pour aller en Patagonie m’avait pris 45h …
Je m’offrirai peut-être un séjour là-bas pour mon anniversaire, pendant les vacances de Février … Et si mon portefeuille survit d’ici là.