Le cinéma de Raymond

Par Videopaper


Il y a 2 ou 3 ans voulant filmer New York, j'avais voulu visionner le "New York" de Raymond Depardon. Ne le trouvant d'une manière unitaire, j'avais du acheter le pack complet "Depardon Cinéaste" chez Arte Video...... Quelle déception au visionnage de  ce film : 9 mins  / 3 plans / Départ de Manhattan en  fin de journée  par le Roosevelt Island Tramway / Interminable plan fixe de gens  dans la rue/  Retour Manhattan par le Roosevelt Island Tramway de nuit. Et la voix off  de Depardon qui nous apprend qu’il n’est pas arrivé à filmer cette ville. et qu’il n'a  conservé  que ces plans...Ces 3 plans qui pour les critiques intello-cinephiles étaient sublimes, of course. J’ai pris en grippe ce coffret et ne l'ai plus consulté,  jusqu'à dernièrement à la suite de «Lettres d’amour en Somalie" de F Mitterrand,  j’ai regardé « Empty quarter / Une femme en Afrique «  de Raymond Depardon, ce film me semblait en résonance avec celui de F Mitterrand. Divine surprise, le visionnage de ces images  fut une révélation. Si Je n’aimais pas  le cinéma de Depardon, (trop de flagorneries culturo-intellectuelles, trop d'encensement aveugle, trop de maniérisme), le cinéma de Raymond est beau et attirant.

Pourquoi filmer en Afrique ? pour l'ombre assurément, le lacis des pénombres... Le cinema de Raymond n’est pas celui de la narration, il est celui de la lumière. La lumière est au service de la narration. La narration est la ponctuation de la lumière, des pénombres, des interstice lumineux, des glissements d’obscurité. Ses films ne sont pas à regarder, mais a ressentir, à percevoir. A regarder avec l'âme.
Elle. Elle s’appuie sur la jeep. Ensablée. Elle. Elle est vertical. La jeep est penché vers l'avant. Tout et immobile. La composition est celle d'une photographie. D'un tableau. Seule la robe bouge au vent. Doucement. Et ce mouvement est celui du sens.