Côte d’Ivoire : un Nouvel An endeuillé par une bousculade meurtrière à Abidjan

Publié le 01 janvier 2013 par Ralph

Une soixantaine de personnes ont été tuées lors d'une bousculade survenue lundi soir près du grand stade d'Abidjan dans le quartier du Plateau, à l'issue d'un feu d'artifice de fin d'année. 1 janvier 2013. Crédits photo : Reuters/Thierry Gouegnon

Certes, en France il y a ce lot récurant de voitures brûlées lors de chaque nuit de la Saint-Sylvestre, de nombreux blessés également après l'utilisation de pétards et autres feux d'artifices plus ou moins légaux.

Un homme est mort en Alsace en manipulant l'un d'entre eux ce 1er janvier.

Mais entre temps, à l'étranger pour les Syriens, l'année 2013 a débuté comme la précédente au son des bombardements aériens et de l'artillerie qui a notamment ouvert le feu sur les faubourgs de l'est et du sud de Damas, tenus par les rebelles.

Quant au Pape Benoît XVI, dans son message du Nouvel An, il a souhaité mardi que 2013 soit une année de "paix malgré le capitalisme débridé, le terrorisme et la criminalité".

Puis, il y a ce drame qui est venu lourdement endeuiller ce passage à la nouvelle année en Côte d'Ivoire! Une soixantaine de personnes ont été tuées lors d'une bousculade survenue lundi soir près du grand stade d'Abidjan à l'issue d'un feu d'artifice.

"Le bilan provisoire s'établit à 49 personnes hospitalisées (...) et 61 morts", selon le chef des pompiers d'Abidjan, Issa Sacko.

ABIDJAN, Loucoumane Coulibaly et Alain Amontchi (Reuters)

D'après les secouristes, le drame s'est produit aux abords du stade Félix Houphouët-Boigny, au Plateau, le quartier des affaires du centre-ville, où une foule s'était rassemblée pour un spectacle pyrotechnique.

L'une des personnes blessées a déclaré à l'agence Reuters de son lit d'hôpital que les forces de l'ordre étaient intervenues pour disperser les spectateurs, provoquant un mouvement de panique. De nombreuses personnes ont alors trébuché et ont été piétinées.

Le chef de l'Etat, le président Alassane Ouattara, s'est rendu au chevet de blessés hospitalisés et a évoqué une tragédie nationale. Il a annoncé qu'une enquête était en cours pour établir les faits et les responsabilités.

Des femmes en pleurs étaient à la recherche de membres disparus de leurs familles mardi matin aux abords du stade. Des traces de sang et des chaussures abandonnées jonchaient les lieux.

"Mes deux enfants sont venus ici hier alors que j'avais essayé de les en dissuader. Ils ont profité de mon sommeil pour venir", a raconté Assétou Touré, une femme de ménage, qui ignore tout du sort de ses enfants.

Sanata Zouré, une commerçante blessée lors du drame, explique que ceux qui rentraient chez eux après avoir assisté au feu d'artifices avaient été arrêtés par la police près du stade.

"Nous étions en train de marcher avec nos enfants et nous sommes tombés sur des barrages et les gens ont commencé à tomber les uns sur les autres. Nous avons été piétinés avec nos enfants", raconte-t-elle.

Selon un autre témoin, la police est arrivée pour contrôler la foule après un début de chasse au pickpocket.

Ce drame est le plus grave du genre survenu dans la capitale économique ivoirienne depuis une bousculade qui s'était produite en 2009 lors d'un match de football et avait fait 18 morts.

Avec Pierre Sérisier, Jean-Loup Fiévet et Danielle Rouquié pour le service français (Reuters)

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