Le début de l'oralité avec ce baobab millénaire, Gouye-le-Baobab, spectateur muet de la savane africaine. Des saisons passent, des animaux le frôlent, des humains viennent l'admirer. Et le baobab écoute, inscrit dans sa mémoire toutes les histoires... mais reste muet. Un marcheur passe, se repose dans son tronc creusé par l'âge et s'endort... des saisons et des saisons... en se réveillant, l'homme découvre que le baobab lui a transmit sa mémoire et toutes les histoires de l'Afrique.
Mais aussi l'histoire des poissons chats jaunes et de Jasit-le-Crocodile bleu, ou comment devint t-il vert de peur et comment les étoiles sont nées.Ou comment Bouki-la-Hyène a gagné les tâches sur sa fourrure et comment Njamala-la-Girafe obtint son long cou.
Ces contes étiologiques sont courts comme une histoire au coin du feu sous les étoiles mais superbement imagées, les animaux avec leur nom Wolof. L'oralité africaine offre là quelques exemples de cosmologie et de relation animale. Comme un pendant africain aux "Histoires comme ça" indiennes de KIPLING.Les images géométriques d'Alain KORKOS peuvent être déroutantes et pourtant, peu à peu elles apportent un plus, comme une image symbolique.