Qu’est-ce qu’un syndrome ? Un ensemble de symptômes caractérisant un état pathologique dont on fait le diagnostic par un bilan biologique associé ou non à d’autres examens complémentaires.
Qu’est-ce qu’un symptôme ? Un trouble fonctionnel plus ou moins objectif perçu par le sujet auxquels s’associent ou non des signes cliniques objectivables.
Qu’est-ce que le métabolisme ? L’ensemble des réactions qui se produisent dans les cellules.
Un syndrome métabolique, au vu de ces trois définitions, n’a aucun sens et défie même l’entendement.
Pour le décrire, on prend en considération 5 critères : Le périmètre abdominal ou l’IMC, tension artérielle, HDL, triglycéridémie, glycémie dont les mesures ou les taux sont non significatifs en eux-mêmes mais qui deviennent un « syndrome » si trois au moins de ces taux aux valeurs retenues se retrouvent associés.
Tableau : Critères et seuils de diagnostic du syndrome métabolique
On définit ainsi un syndrome qui serait le « marqueur » d’un état pré-pathologique. Les critères cités avec leur valeur sont ceux retenus dans l’étude de Framingham qui avait pour but de définir un cadre prédictif de risques accrus de maladies cardio-vasculaires. On a donc ensuite élargi ce « syndrome » et considéré qu’il était prédictif… de quoi ? De toutes les maladies qui occupent le devant de la scène : maladie d’Alzheimer, diabète, maladies inflammatoires, cancers.
Cela n’est pas sérieux.
Ainsi définit-on un syndrome sans état pathologique qui mériterait cependant ce vocable simplement parce qu’il est pré-pathologique !
D’où cette tentation qui se pare des « meilleures intentions » : faire de la prévention en traitant des personnes qui ne sont pas malades, pour éviter qu’elles le soient. Comment ? Par la prise de médicaments dont les bénéfices seraient nuls, puisque la personne est saine mais dont les risques (effets secondaires), eux, seraient bien réels. Ce qui, pousser à l’extrême, revient à : Comment rendre malade une personne qui ne l’est pas encore. Où va t-on ? Le plus grave est que le patient se rend complice d’une telle démarche car bien souvent il préférera prendre une « pilule » plutôt que de modifier son style de vie. Ces constances biologiques seront modifiées dans le bon sens et il pourra ainsi continuer à faire comme il l’entend car il sera rassuré par ses résultats biologiques… jusqu’à ce qu’un problème induit par le médicament survienne.
Le syndrome métabolique ne serait-il au final, qu’un concept marketing pour accroître la consommation médicamenteuse ?
Le « syndrome métabolique » est révélateur de la dérive scientifique. Les sciences biologiques se mettent à prophétiser et se parent ainsi d’une aura divine qui n’admet aucune critique. Tout le monde doit s’y soumettre. Plus on étudie l’infiniment petit, plus on se déconnecte de l’humain.L’homme n’est plus un corps animé d’un esprit qui pense, souffre, espère, qui a des affects, des émotions. Il n’est plus qu’une addition de milliards de cellules. Même si les découvertes des chercheurs sont formidables et certaines prometteuses, il ne faut jamais oublier qu’un tout, un homme, ne peut se réduire aux cellules qui le composent.
Plus les choses se complexifient, plus il faut rester simple. Garder son bon sens, dans le contexte actuel, devient de plus en plus ardu et nécessite une vigilance accrue.
« L’humour est contre le pouvoir, quelque soit le régime » (Coluche). Aussi ai-je l’honneur de vous faire part d’un nouveau syndrome que j’ai découvert « Le syndrome XY ou XX : Tout garçon ou fille qui naît se trouve dans un état pré-pathologique dont la conséquence sera gravissime puisqu’il en mourra ».
Sources : «Syndrome métabolique : quelle définition pour quel(s) traitement(s) ?» Didier Junquero et Yves Rival M/S : médecine sciences, vol. 21, n° 12, 2005, p. 1045-1053 (tableau). NIH (visuel)
Auteur : Dr Brigitte Nicolas