L’Eglise catholique n’est pas un comptoir de bistrot

Par Tchekfou @Vivien_hoch

Tribune libre de Vivien Hoch*

 Je m’adresse aux quelques énergumènes qui, tout en clamant catholiques, se font un plaisir non feint de dire tout l’inverse de ce que dit la sainte Institution non seulement aujourd’hui, mais également depuis l’aube des temps. Il faut aujoud’hui taper du poing sur la table, pour éviter que les dérives subjectivistes de certains ne pourissent la fragile et surnaturelle communion de tous.

L’Excommunication de Robert le Pieux, Jean-Paul Laurens, 1875

La citadelle catholique est cernée de toutes parts. Ad extra, par une civilisation qui rejette le christianisme comme un remède dégluti ; ad intra par des pseudos-fidèles que cette civilisation. Et le mal est d’autant plus grave qu’il est commis par un proche, un frère, un fidèle qui se réclame de la même communion. Et qu’on se le dire : la charité, amour et élan vers le Bien infini et vers les biens finis par excédence, ne tolère pas le mal. La charité est intolérante. Fausse charité que celle qui se complaît dans l’erreur, l’orgueil, la défense du relativisme et des perversions du monde. 

Corriger l’erreur, où elle se trouve

Qui ou quoi me permet de corriger ainsi les erreurs des autres ? Le droit et l’obligation de corriger le frère dans l’erreur ou dans le péché, cela s’appelle la correction fraternelle. Elle est une aûmone spirituelle :

« reprendre un délinquant (corripere delinquintem), c’est lui faire une espèce d’aumône spirituelle (quaedam eleemosyna spiritualis)»(Thomas d’Aquin, Somme de théologie, IIa IIae, qu. 33, art. 1, s. c.)

Et elle est d’obligation, puisqu’elle est un effet de la charité ; elle est une oeuvre d’amour.

« « Si ton frère vient à pécher contre toi, reprends-le, seul à seul avec lui ». Pourquoi le corriges-tu ? Parce qu’il t’a offensé et que cela t’a agacé ? Que Dieu t’en préserve. Si tu le fais par amour-propre, tu ne fais rien de bon. En revanche, si c’est l’amour qui t’y pousse, tu œuvres excellemment » Saint Augustin, Sermo 82, 4.

L’amour, oui, comme motif de s’insurger contre les dérives de certains. Le terme « charité » a été choisi pour désigner l’amour de Dieu (et l’amour du prochain pour l’amour de Dieu), en se référant au mot pré-chrétien associé à l’argent et au prix ; la charité, l’amour pour l’aimé – Thomas d’Aquin insiste – montre que ce que nous considérons d’un grand prix est très cher : Caritas dicitur, eo quod sub inaestimabili pretio, quasi carissimam rem, ponat amatum caritas (Thomas d’Aquin, In III Sent. d.27, q.2, a.1, ag7).

Contre le relativisme et les religions sur-mesure

Ce qui nous est cher, c’est la communion, avec le Christ et avec ses disciples. On ne détruit pas cela du haut de sa petite subjectivité en pensant que seul, on a raison contre l’enseignement de l’Eglise, de ses Docteurs, de sa morale qui a connu tant et tant d‘hérésies.

Ce qui nous est cher, ce que nous aimons, derrière Jésus-Christ, c’est son Eglise et ses disciples. L’amour s’attaque de ces personnes-là, mais aussi et surtout l’amour du bien commun et de l’Eglise tout entière.

« Le mal d’autrui est proche, il va nous atteindre », prévient Thomas d’Aquin dans le traité sur la miséricorde (IIa IIae, qu. 30, art. 2, resp.). Il peut « transiter » (Thomas d’Aquin emploie le verbe transire) par nous.

Le problème avec ce genre de comportements, c’est qu’on se taille son petit monde sur-mesure, qu’on construit sa propre religion, qu’on se désolidarise de la réalité et qu’on vit alors dans un monde complètement déconnecté. Un monde schizophrénique, phantasmé, non réel. Et pis encore, qu’on risque d’y entrainer ceux qui ne tiennent que par la communion et l’enseignement, justement, de cette Institution multiséculaire qu’est l’Eglise.

Le message porté par l’Eglise est finalement très simple. L’anthropologie chrétienne est pleine de bon sens. Le devoir d’humilité et d’obéissance à l’Eglise si purificateur d’orgueil. Si quelque chose en vous s’oppose à l’e,nseignement ou aux positions de l’Eglise catholique, soit vous la quittez, soit vous prenez votre courage à deux mains et vous vous renseignez, lisez le CEC, la DSE, les pères, les homélies du Saint-Père afin d’en comprendre les justes motivations. Un petit effort, soyez catholiques.

« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme comme un sarment qu’on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. » Evangile selon saint Jean, XV


 © Vivien Hoch, pour Itinerarium