János Pilinszky – La fête du point le plus bas (A mélypont ünnepélye, 1972)

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Dans la chaleur sanglante des porcheries
qui ose lire ?
Et qui ose
dans le champ d’échardes du soleil couchant,
à marée haute du ciel,
à marée basse de la terre
prendre la route pour n’importe où ?

Qui ose
les yeux fermés s’arrêter
à ce point le plus bas,
là où
il se trouve toujours un geste de dépit,
un toit,
visage ravissant, ou même
une seule main, un signe de la tête, de la main ?

Qui peut
le coeur tranquille se glisser
dans le sommeil, qui déborde l’amertume
de l’enfance et lève la mer
telle une poignée d’eau à son visage ?

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János Pilinszky (1921-1981)Éclats (Szálkák, 1972) – Traduit du hongrois par Lorand Gaspar