Les revenants

Publié le 05 décembre 2012 par Patrickmottard @patrickmottard


Je ne suis pas un admirateur inconditionnel des séries maison de Canal +, loin de là. A l’exception peut-être de la première saison d’Engrenages et des saisons 1, 3, et 4 de Mafiosa, je les trouve souvent peu imaginatives et très suivistes par rapport à la production américaine de type HBO (pour moi, par exemple, Bracco, l’œuvre vedette de Canal, n’est que l’imitation un peu caricaturale du formidable The shield).
C’est pour cette raison, qu’après avoir vu quatre épisodes des huit de la première saison, la série Les revenants m’est apparue comme une très belle surprise.
Dans une ville de montagne (style Vallée de la Maurienne) dominée par un grand barrage, plusieurs personnes d’âges et de milieux différents, hagardes et désorientées, cherchent à rentrer chez elles. En fait, elles sont mortes depuis plusieurs années et n’ont pas physiquement vieilli. Bien sûr, personne ne les attend et, tout en essayant de reprendre une place qui n’existe plus dans la cité, ignorant que leur cas n’est pas unique, ils vont semer le trouble parmi les vivants.
Dans des décors désespérants et une atmosphère qui rappelle plus De beaux lendemains, le magnifique film d’Atom Egoyan d’après le roman de Russel Banks, que La nuit des morts-vivants, l’errance des revenants au milieu de ces vivants qui le sont si peu nous bouleverse. Peut-être parce que nous comprenons que l’incommunicabilité n’a pas besoin de la mort pour se dresser entre les humains et que les revenants ne sont qu’un prétexte pour révéler le mal être des vivants.
Bien sûr, d’aucuns diront que la série n’est pas très joyeuse et, en tout cas, dépourvue totalement d’humour. Objection repoussée : en ces temps de « rigolomanie » télévisuelle obligatoire, ça repose !
N.B. pour avoir une idée de l'atmosphère, rendez-vous sur le site de Canal + consacré à la série et baladez-vous dans la ville en 3D.