Mille femmes blanches

Par Benoitd67

Jim Fergus (Etats-Unis)


Ma lecture:
Afin de faciliter l’intégration de son peuple, le chef cheyenne « Little Wolf » propose au président des Etats-Unis, Ulysse Grant, un échange singulier : 1000 femmes blanches contre autant de chevaux ; ces femmes devenant épouses d’indiens et mères de leurs enfants assureront la mixité des races et la paix entre les 2 nations. Basé ou non sur un fait réel, Mille femmes blanches raconte l’acceptation de cette proposition et suit au travers des carnets de May Dodd la vie de certaines de ces femmes. Se lancer dans une nouvelle vie au milieu des « sauvages » ne sera accepté que par des femmes qui n’ont rien à perdre : prostituées, recluses (prison, asile d’aliénés…).
Le point de départ de cette fiction est dur et amusant à la fois : dur puisqu’on se rend bien compte du peu d’importance accordé aux femmes de l’époque (le seul fait de l’internement de May Dodd pour un mariage non approuvé par ses parents) mais amusant de par la description des personnages secondaires (Euphémia, les sœurs Kelly, Helen Flight, Gretchen…).
Cette lecture doit aussi nous ouvrir les yeux sur certains thèmes toujours d’actualité : -   La situation de la femme dans certaines cultures ; ici très contrastée entre le confinement au rôle de mère voire d’objet (May et le capitaine) et celui beaucoup plus ouvert au sein de la communauté cheyenne -   L’exploitation des peuples et le cynisme politicien (les échanges alcool-chevaux-nourriture-armes) -   Les religions et leurs dérives
Roman essentiellement féminin, bien qu’écrit par un homme, Mille femmes blanches ne sombre pas dans la romance douce-amère mais reste très réaliste, voire par moments assez cru et même très dur. Mais dès le début on peut se douter que rien de vraiment bon pour le peuple indien ne sortira de cette proposition et que le mot de la fin est connu d’avance. Pourtant malgré cela on s’attache énormément à May et aux autres femmes grâce à la superbe écriture de Jim Fergus.

Traité de Fort Laramie (1868)


Un excellent roman et l’espoir qu’un jour peut-être tous les peuples de la terre seront simplement des frères d’une même famille.
Le début:
Quand j'étais petit, à Chicago, je prenais malin plaisir à raconter le soir à mon jeune frère Jimmy toute sorte d'histoire à faire peur à propos de notre ancètre dérangée May Dodd. Celle-ci, après avoir été inetrnée dans un asile de fous, s'était enfuie pour vivre chez les indiens - c'est du moins l'étoffe relativement vague, mais facile à broder d'une légende familiale tenue secrète.
Quatrième de couverture:
En 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf: troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du périple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des "Mille femmes" viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d'Amérique... Parvenue dans les contrées reculées du Nebraska, l'une d'entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, May Dodd assiste alors à la lente agonie de soi, peuple d'adoption...

Editions Pocket (2011) - 506 pages