Conté tel un monologue, comme s’il s’adressait directement au lecteur, J’étais derrière toi de Nicolas Fargue semble être, d’après le premier paragraphe, une histoire d’amour aux débuts prometteurs.
Mais ce livre n’est pas (que) ça. A l’aide d’un nombre incalculables de digressions rendant parfois la lecture indigeste, l’auteur décrit l’inscription d’une nouvelle relation positive dans un contexte initial foncièrement négatif. Je m’explique. Tandis que le héros s’englue dans une relation longue durée extrêmement négative et violente avec une femme noire, le hasard (ou devrais-je dire le destin ?) lui fait rencontrer une femme blanche avec qui se développe rapidement une histoire éphémère douce et positive, trop positive pour lui.
Perturbé par ce contraste poignant, le narrateur insiste lourdement sur sa culpabilité, sur l’explication de ses comportements ainsi sur leur issue. Alors que l’histoire, tantôt violente et blessante avec sa femme, tantôt touchante et attirante avec sa maitresse, nous emmène dans les chemins sinueux de la psychologie du héros, les écarts, parenthèses et divagations du discours nous en éloignent tout autant, à un tel point que l’on est tenté de sauter quelques lignes ou paragraphes pour se replonger dans le concret de l’évolution des évènements, dans la vie de cet homme tiraillé entre son amour soumis pour une femme manipulatrice et son admiration pour une adulescente passionnante.
L’histoire de vie décrite par Nicolas Fargue est bouleversante d’humanité et de sincérité, dommage que ces caractéristiques soient atténuées par un style parfois trop lourd et assommant.
Nicolas Fargue, J’étais derrière toi, Folio (2007).
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