Goodyear Amiens, ce "j'm'en foutisme" chronique qui détruit l'emploi en France...

Publié le 20 février 2013 par Philippejandrok

Une des grandes qualités de la France, c’est son sérieux et son professionnalisme, du moins, c’est encore ce que l’on croit.

 Le monde est victime d’une crise économique qui n’épargne personne, les entreprisesse battent pour rester à flot, pour ne pas licencier, pour demeurer compétitives.

Au cours de mes voyages autour du monde, j’ai pu étudier et apprécier combien dans le monde les gens travaillent, combien ils sont motivés pour relever les défis, ils n’ont pas le choix. Au Japon, en Corée, en Thaïlande, en Nouvelle Zélande, en Angleterre, aux USA, le travail est sacré, essentiel, nécessaire, un employé ne peut s’autoriser de prendre des pauses systématiques, aller prendre un café, fumer une cigarette, discuter, se maquiller...

j’ai travaillé dans une entreprise, dans laquelle des employés commençaient à fumer juste pour prendre des pauses, déjà, à l’époque j’étais choqué, car lorsqu’ils prenaient des pauses, ceux qui ne fumaient pas faisaient leur travail à leur place. D’autres prenaient des pauses cafés pour se raconter leurs histoires intimes pendant des minutes qui paraissaient des heures, enfin, un comportement contre-productif et un laisser aller total.

Que l’on ne s’étonne pas, en pleine crise économique que les entreprises perdent des parts de marché et s’écroulent si leurs employés prennent de telles libertés et que l’on ne s’étonne pas non plus que les repreneurs ne se bousculent pas au portillon pour reprendre la main, alors que des ouvriers seraient ravis de travailler dans les pays émergeant et pour moins cher.

J’ai été à la fois choqué et peu surpris par le comportement des ouvriers français de l’usine de Goodyear Amiens-Nord qui fermera ses portes en mettant ses ouvriers au chômage si elle ne trouve pas de repreneur.

Mais comment trouver un sauveur avec des comportements de cossards, les « aristo » du prolétariat qui s’octroient des libertés sur leur temps de travail au détriment, justement de la production ?

Cette attitude « j’m’en foutiste » à la Française est insupportable, et pourtant, si tout le monde la connaît, si tout le monde la tolère, on se demande encore pourquoi au cœur même d’une crise économique, elle s’installe comme une habitude dont on ne pourrait se défaire ?

Une attitude qui détruit l’emploi et l’entreprise, que l’on retrouve également dans l’administration française, inacceptable, intolérable.

Ainsi, M. Maurice Taylor, le patron du groupe américain Titan, disposé à reprendre l’usine en question déclare après mure réflexion :

- «J'ai visité cette usine plusieurs fois. Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures. Je l'ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m'ont répondu que c'était comme ça en France… Nous croyez-vous assez stupides ? » Pour reprendre une usine dans pareilles conditions ?

Y aurait-il un repreneur français assez fou pour reprendre une usine de fabrication de ce genre, dans ces conditions, alors que l’on connaît le coût des charges patronales ?

Alors que la production ne peut décoller à cause justement de ces habitudes qui tuent le développement ?

Les ouvriers et les syndicats de cette usine croient-ils être les seuls à produire et à vendre des pneus  dans le monde ? La concurrence Chinoise et Koréenne est très importante et ultra compétitive, et les coûts de production moindre. A force d'avoir cette attitude anti-productive on détruit tout espoir de voir la production française exister, coexister avec la concurrence, on peut donc, dores et déjà fermer cette usine, si le "c'est comme ça en France" le demeure, il n'y a donc plus le moindre espoir.

Nous avons là l'exemple d'un comportement crimnel économiquement et socialement.

Combien de fois avons nous été confronté à la situation banale d’être capable d’exécuter une tâche rapidement, alors que l’habitude était acquise de la mener en deux ou trois jours et de se faire rabrouer par un médiocre qui ne veut absolument pas que le travail avance, afin de conserver sa tranquillité au cœur de l’entreprise, et justifier l’inutilité de son emploi ?

Les employés attaquent leurs patrons aux prud’hommes, et souvent à raison, mais le patron pourrait-il attaquer ses employés pour « j’m’en foutisme agravé » ?

Malheureusement, cela ne s’est jamais vu, mais le « j’m’en foutisme » détruit l’emploi, détruit la production et le développement d’une entreprise, et les syndicats ne sont pas là pour permettre aux employés de faire cinq heures de pause sur huit de travail, mais au contraire, de contribuer à la productivité d’une entreprise en améliorant les conditions de travail afin de les rendre plus productives.

Que l’on ne s’étonne donc pas que Goodyear soit en faillite.

Travailler dans une usine de fabrication ce n’est pas la maternelle, c’est participer à l’essor économique d’une région, d’une nation. Il faut que cessent ces comportements rétrogrades qui décrédibilisent les employés, l’emploi et les syndicats dans notre pays.

Nous vivons une époque formidiable…