Déterminismes

Publié le 05 mars 2013 par Voixquantique

Notre vie est gérée par les déterminismes. Pour s’en convaincre il n’y a pas besoin d’aller bien loin.
Regarde ta main : voici un membre parfaitement adapté au maniement des outils.

Une preuve tangible du déterminisme de la Vie !

Mais si la Vie avait fait plus que de nous doter d’un cerveau capable de conceptualiser des objets, et d’appendices idéaux pour s’en servir ?

« Pour élever un enfant, il faut tout un village » souligne un proverbe Touareg.

Pour expliquer l’humanité, il faut inclure un élément dont on en trouve pas le code dans nos gènes, et pourtant sans lequel elle n’existe pas : la société.

Toute activité humaine est faite dans la société, pour la société et par la société.

Si l’on considère l’humanité-manieuse-d’outils comme un pari (parmi d’autres) que la Vie a choisi sur cette planète, alors la société ne s’explique pas par son utilité pour l’Homme, mais parce qu’elle est inclue au même titre que les mains dans ce pari.

Tous les humains naissent – sauf accident – avec 2 mains de 5 doigts, dont ce merveilleux pouce préhensile.
Quel pourrait être l’équivalent social d’un tel déterminisme de la Vie ?

Des expérimentations nous donnent un aperçu : mâle dominant, instinct grégaire, phéromones et coup de foudre… en général elles indiquent un tas de vérités déplaisantes.
A savoir que malgré nos encyclopédies et nos chef d’oeuvres, notre animalité occupe toujours une place centrale dans notre existence !

De fait, plus on accumule de connaissances au niveau de notre biologie – notamment le fonctionnement du cerveau – et en sociologie, plus l’individu s’efface au point de se réduire à un emballage empaquetant « autre chose » de primitif et primaire.

Primitif et primaire !!

On ne peut mesurer que ce qu’on arrive à réduire à une unité de mesure, ce qui explique peut être ces conclusions si réductrices !
De tels résultats devraient en effet inspirer une saine méfiance, ou en tout cas préciser qu’il s’agit une approche « micro » de l’influence de la Vie sur notre vie, et se garder d’en tirer des conclusions trop « macro ».

Quel pourrait donc être le déterminisme de Vie dans une approche plus large ?
Et bien, il est tellement large qu’il nous échappe alors que nous le vivons en continue !

Si vous avez déjà rencontré quelqu’un de doué – que ce soit en mécanique ou en sculpture, qu’importe ! – vous ne pourrez pas contester l’importance de l’inné.
« Nous ne naissons pas tous égaux » en concluent les pragmatiques.
Mauvaise interprétation ! Ces différences ne signifient pas « meilleur » ou « pire », mais sont par contre autant de preuves tangibles de spécialisation.

D’où vient cette spécialisation ? Le milieu social peut l’encourager ou la refréner, mais ne peut pas produire à la demande talents et dons. Pourtant, ces talents, ces dons qui sont propres à chaque individu vont diriger ses goûts, ses activités, ses fréquentations et s’il persévère dans sa voie, finiront par le définir socialement.

Serait-il concevable que, par exemple, la nature prenne en compte l’existence de l’objet « piano » (incluant donc le concept « musique ») pour faire naitre un enfant qui aurait « naturellement » la bonne posture devant l’instrument, l’oreille musicienne et la dextérité qui lui permettent de jouer bien avec facilité ?

Si la réponse est oui, la porte est alors ouverte à l’hypothèse suivante :

Notre moyen d’interaction avec l’environnement en tant qu’espèce est le maniement d’outils, outils dont la conception dépend d’un écosystème nommé société.

Notre corps nait « clé en main » pour l’usage des outils. L’appropriation de l’écosystème accaparera quant à lui, l’essentiel de nos capacités cérébrales lors de nos premières années de vie.

Bien que cet écosystème soit multiforme (car adapté à son environnement), il est aussi naturel pour l’homme que l’est l’usage de ses mains.

L’implication de la Vie dans notre destin social est décelable par la distribution individuelle de qualités diverses nommées « don », « talent », « prédisposition »… impactant la vie de chacun.

Il faudrait avoir un protocole d’expérimentation nous permettant de connaitre et reconnaitre tous les « talents innés ».
Nous pourrions alors voir si leur répartition serait cohérente pour un bon fonctionnement social !

En d’autres termes, si nous avions un visu direct de la repartion des dons à l’échelle de l’humanité, est ce que nous obtiendrions une « société naturelle fonctionnelle » ?

Perspective fascinante !

Une chose est certaine en tout cas, nous ne vivons pas dans un société naturelle. Par contraste même, on pourrait dire que nos sociétés sont devenues de véritables « machines à broyer les talents ».

La machinisation a en effet, en donnant la possibilité de libérer l’individu de la pénibilité des tâches abrutissantes, imposé à nos élites le choix suivant :

- Permettre à chacun de développer ses « facilités naturelles » pour les concrétiser socialement
- Étouffer l’expression de ces facilités naturelles afin d’imposer la stabilité d’un ordre établi.

Pour connaître quelle fut la réponse, il suffit de voir le courant de pensée dominant dans nos Mass Médias : la contrainte du salaire ou la menace de sanctions légales ou divines sont nécessaires afin de juguler nos « ‘bas instincts ». En bref, nous avons (naturellement) un mauvais fond qui doit être domestiqué.

C’est regarder par le mauvais bout de la lunette : demandons nous plutôt qu’elle pourrait être le potentiel de nuisance d’un individu qui fait ce qu’il aime faire, le fait bien, et arrive à en vivre !