Temps mort ?

Publié le 13 avril 2008 par Jlhuss

Après la fièvre des municipales, serions-nous tout chose, tout corniflichou ? Sans cette flamme hystérique pour faire vibrer nos micro-ondes, ma parole, on se croirait déjà froids ! Temps mort. Ça sent la digestion, le remugle attentiste dans le désert des campagnes. Mais gare : en France le temps mort ne dort que d’un oeil.

Cécilia remariée vit de l’autre côté de la mer, avec un type pas plus beau, pas plus jeune, peut-être plus futé, qui sait ? plus adroit, plus riche. Good bye, first lady C ! Pourquoi penser que nous perdons au change ? La new first l’a dit : « Je ferai de mon mieux .» On voit déjà qu’elle sait se vêtir chic d’un chiffon cher, faire la révérence à la reine, parler aux journalistes comme Agnès à son barbon –« le petit chat est mort »- et surtout, surtout, nous dit-on, elle tempère son mari. Ouf ! On tremble quand même qu’un de ces mois la belle se mêle d’amasser des pièces jaunes en lançant des tubes chauds… Qui vivra verra.

Le fait est que le Président a semblé s’assagir. D’aucuns pleurent qu’il s’est banalisé : correct, consensuel, compassionnel. Désormais, moins bling bling que lui tu meurs. Bizarre, ça donne comme un coup de vieux à toute la boutique. Allez Sarko, c’était pour rire, remets-les tes Ray Ban !

C’est vrai que le temps n’est guère aux lunettes de soleil. Patience, on annonce un mai chaud. Déjà les lycéens sont dans la rue, comme de règle à deux mois du bac. Pas fous, les gnomes : à chaque fois qu’il bousillent le troisième trimestre, on se rapproche des 80% de reçus. Et puis avouez qu’une grosse marrade craignos avec les CRS, prélude à une vaste mobilisation des forces vives contre les atteintes au service public, pour le quarantenaire de 68, ce serait classe ! C’est papy Dany qui serait content, histoire de se mettre en jambes avant d’aller taquiner le Pékinois.

On conseillerait bien au Président de jouer à donfe la carte de l’impopularité. Puisqu’il est dedans, qu’il en profite pour nous torcher tous les chantiers dare-dare en se gaussant du gouffre des sondages. « Françaises, Français, vous pouvez plus me piffer ? Ça tombe bien, moi non plus. Encore quatre ans, mes veaux ! Ou neuf à la rigueur. Oui, la rigueur ! Non mais sans blague, je vais vous le redresser, moi, le point de croissance ! vous le faire bouffer le déficit , vous la faire écoper la dette, bande de ploucs ! Des niants comme vous ça fait le malheur des Présidents » etc. Au lieu de quoi, depuis des semaines, obsession de la courbe de sympathie, profil bas, oeil de cocker et voix de velours.

Ne pas trop compter sur la gauche pour relever le plat. Même le petit facteur a perdu sa langue. Finalement, l’a-t-il ou non mise aux clous, sa bécane Lcr ? À quand la tournée vtt ? Il promettait le coup de tampon sur le virement recommandé : pas même un petit bleu. Ce joufflu nous couve quelque chose. Une rougeole ?

Les roses, eux, se la jouent grave, distanciée, responsable. On sent bien qu’ils se disent in petto : « Alors, il va-t-y nous les faire, ces réformes ? nous la serrer, cette vis ? nous les équilibrer, ces comptes ? nous les purger, ces fonctionnaires ? Puisqu’il faut le faire, qu’il s’y colle ! On prendra l’air compatissant, et c’est à nous que le bébé, langé mais furibard, tendra ses petits bras potelés au prochain biberon. »

Car c’est souvent la règle en France : la droite décrotte dans les larmes, la gauche donne le lolo dans les risettes. -Exception, votre honneur : Chirac. -C’est vrai qu’il n’a rien décrotté, mais il n’était pas de droite. -Alors Mitterrand en 83 -C’est vrai qu’il a décrotté sec, mais il n’était plus de gauche.

Allez, courage, on sent que ça se réveille. La belle NKM a les nerfs et ne l’envoie pas dire ; JLB et JFC sont furieux ; FF lui demande de s’excuser et la prive de Japon. Voilà-t-il pas que les « godillots » traînent les pieds , ruent dans les brancards ! De l’autre côté, S.R. nous rejoue les hôtesses d’accueil, mi-nounou mi-pédopsychiatre. Ça grouille dans la tribu Péesse. Les caciques fourbissent le curare, les grigris. Il y a du scalp dans l’air, de la marmite au feu. Qui boira le bouillon ?

Eh oui ! de droite ou de gauche, je crois bien qu’ils vont nous tuer le temps mort en perdant leur sang froid.

Arion