Congrès de Niort 2013

Publié le 13 mars 2013 par Osiris

La LDH de Manosque s'associe pleinement à la résolution suivante et souhaite s'en faire le relais auprès des sections qui n'y auraient pas encore souscrit.
Mieux, elle sollicite l'attention de ses instances parisiennes pour l'inscrire lors du prochain congrès sur ses tablettes et engagements ...


Source : Bastamag.net

Proposition de résolution des sections soussignées

La Palestine : un sociocide programmé

L’analyse du "conflit" israélo palestinien se termine trop souvent sur l’invocation d’une paix inéluctable entre peuples qui sont faits pour s’entendre, analyse démentie par la réalité sur le terrain. Côté israélien, le parti des colons et des sionistes ultras et racistes gagne en influence dans l’ensemble de la société. Côté palestinien, le processus de réconciliation nationale, condition d'élaboration d'une stratégie unifiée pour mettre fin à l'occupation et à la colonisation, se heurte encore à de nombreux obstacles ainsi qu’à des rancœurs accumulées et progresse par à-coups.
Tout en dénonçant les crimes de l’État d’Israël, son refus permanent de respecter les décisions de justice internationale, son mépris absolu des conventions de Genève, notamment la 4ème qui proscrit toute colonisation de territoire occupé, etc., etc., les mouvements démocratiques et les intellectuels se rejoignent tous ainsi par leurs analyses en critique pointilliste de l’action terroriste de cet État.
Par la voix de ses responsables dans la presse, par des lettres ouvertes ou dans ses documents internes, la LDH n’envisage pas d’autre fin que la paix entre deux États, reconnus mutuellement et internationalement, à l’issue de négociations de "paix", à condition qu'ils respectent la justice et l'égalité des droits. Au cours de l’année 2012, l’un de nos présidents d’honneur (par ailleurs Président du Réseau euroméditerranéen des droits de l’Homme) et le Président de la LDH ont rendu publiques des analyses pertinentes sur des problèmes particuliers du conflit, dénonçant les abus d’Israël et la lâcheté des gouvernements occidentaux. Analyses que tout ligueur a pu faire siennes.
La colonisation n'a cessé de s'étendre et tout laisse à penser que le pouvoir militaro-politique israélien va amplifier la politique brutale menée contre les Palestiniens ces dernières années, avec la reconduction de Netanyahou à la tête du gouvernement. Ce dernier fait d’évidence entrer son pays dans ce qu’il faut bien considérer comme la dernière phase de la stratégie sioniste. Tous ses actes conduisent en effet à la conquête quasi totale de la Palestine mandataire pour créer "l’État juif" qu’il revendique, les présentes frontières étant toutes provisoires. Sharon, au pouvoir en 2001, n‘annonçait-il pas cette dernière étape en répétant : «La guerre d’indépendance de 1948 n’est pas achevée» ? Seules subsisteront des "réserves d’Indiens" pour touristes.
Le mot "sociocide" a souvent été répété avec force par Stéphane Hessel pour désigner la tragédie palestinienne. Car ce sont en effet une culture, un peuple, une société originale du Moyen-Orient qui vont disparaître. Société qui connaissait la démocratie et le multipartisme, les droits de la femme, l’éducation mixte, une riche vie associative. Un exemple mis récemment en lumière par des intellectuels israéliens démontre la détermination d’Israël, sa brutalité et le raffinement dans la volonté d’effacer ses ennemis : 70 000 livres laissés dans leurs bibliothèques par les Palestiniens fuyant la Nakbah en 1948 furent considérés par Israël comme "propriétés abandonnées".  Un patrimoine culturel est devenu une "prise de guerre" !
Cet exemple ne doit bien évidemment pas faire oublier la mort, l’exil, les drames familiaux de tant de Palestiniens victimes d’une persécution sans limites. Il doit aussi nous rappeler le travail courageux d’historiens, archéologues, journalistes, ou artistes et intellectuels israéliens. À côté ou au cœur d’associations, d’authentiques femmes et hommes de paix en Israël organisent la résistance, conscients du réveil terrible que sera pour le judaïsme et pour les Juifs de la diaspora l’aboutissement de cette politique folle et guerrière de conquête.
Pour empêcher cette fin tragique, il est du devoir de la LDH d’écouter et de soutenir, en même temps que les voix palestiniennes, celles et ceux qui, en Israël, militent pour une vraie paix. Peuple nié sur sa terre, les Palestiniens sont, pour exister, entrés en résistance, un temps armée, mais de plus en plus non-violente. Il est de notre responsabilité de relayer les appels aux actions non-violentes qui viennent de là-bas. Et, comme pour le boycott efficace de l’Afrique du Sud de l’apartheid, de reprendre à notre compte l’action "Boycott, Désinvestissement, Sanction", en particulier contre tous les produits issus des colonies, seule action qui peut en même temps sensibiliser l’opinion internationale et inquiéter économiquement Israël.
Enfin rappelons que l’implantation de colonies en terre palestinienne est depuis 1967 la marque de tous les gouvernements israéliens. N’oublions pas que l’encre de la signature du traité d’Oslo n’était pas sèche que Rabin programmait encore de nouvelles colonies au point de s’attirer, après son assassinat, les félicitations posthumes du Likoud. Les colonies sont d’évidence le fer de lance de cette politique qui vise à installer Israël du Jourdain à la Méditerranée.
Ne laissons pas s’installer la paix des conquérants, une Pax Hébraïca semblable à la Pax Romana, celle dont Tacite faisait dire à Galgacus dans sa biographie du général romain Agricola : "Où ils font un désert, ils disent qu'ils ont donné la paix" … même si "le désert" est peuplé de colonies.
Février 2013
Sections de Cannes-Grasse, de Carcassonne, d’Istres-Ouest Provence, de Mantes la Jolie et du Mantois, de Marseille 15e/16e, de Nîmes, de Perpignan-Pyrénées Orientales, de Pertuis, de Talence, de Rodez, de Uzès et Ste. Anastasie, de Manosque…