Obsession

Par Agathesp

Je peux être assez obsessionnelle comme fille. Enfin, ça dépend sur quoi ou sur qui. Par exemple, je fais une fixation sur les pois. C’est con mais dès que je repère un objet ou une fringue avec des pois dessus, il me la faut. Pareil pour les poules, j’adore ça! Les vraies, les fausses pour la déco… je suis fan!

Mais depuis une grosse semaine maintenant, c’est une personne qui fait l’objet de mon obsession: l‘Amant.  Oui je sais, c’est pas bien, j’ai déjà un Mari et bla, et bla… bon, on va pas parler « principes » tout de suite parce que je te ferais un exposé en trois parties et je te jure qu’à la fin, tes obsessions de monogame auront disparues! Puis j’ai pas dit non plus que je rêvais de le plaquer contre un mur et d’enfoncer ma langue dans sa bouche avant de finir à l’horizontale, de préférence dans un lit à réviser notre Kamasutra, non je ne l’ai pas dit.

En quelques jours, j’ai réussi à emmagasiner un bon nombre d’informations sur lui.

Je suis maintenant sure de l’endroit où il bosse et en plus je sais à quelle heure il termine sa journée. Oui, parce que dimanche, je l’ai encore croisé de manière fortuite, alors que pour une fois je me rendais au travail un peu plus tard que d’habitude, il faisait du stop au bord de la route pour rentrer chez lui (Deux fois dans la même semaine, ça ne peut pas être un hasard).  J’en déduit donc aussi qu’il n’a plus de voiture appelez moi Sherlock Holmes.

Comme je suis une fille qui a de la suite dans les idées, j’ai un peu réfléchi et j’en suis arrivée à la conclusion que, pour rentrer chez lui il devait forcement passer juste devant mon boulot, à 10 mètres de moi. Alors mercredi soir, à l’heure approximative à laquelle je l’avais croisé dimanche, je me suis postée face à la fenêtre pour regarder les gens passer (ce qui m’a valu quelques railleries de mon collègue) et bingo! D’un coup ce fut un éclat de soleil dans ce jour enneigé.

Ces temps-ci je réfléchi à lancer ma propre affaire et m’est avis que détective privé, c’est un job qui me conviendrai bien.

J’ai donc fait mon petit plan dans ma tête. Le lendemain, je devais être toute seule au boulot, il me suffisait de sortir fumer une clope à la bonne heure (tu vois, heureusement que j’ai pas arrêté de fumer) et soit d’essayer de capter son regard en feignant la surprise (C’est dingue, qu’est-ce que tu fais là?!), soit s’il ne me voit pas, de l’appeler, lui courir après (j’étais pas sure mais il me semblait bien que c’était toi!)… Et de là, je lui fait visiter là où je bosse, je le plaque contre un mur et… bon tu connais la suite!

Sauf que, il y a une chose que je n’avais pas prévue dans mon super plan. Et je l’ai compris quand, à 11h ce matin là j’ai vu qu’il était connecté sur Facebook. Quand on travaille dans un restau, à 11h on n’est pas chez soit en train de trainer sur l’ordi, sauf si on est de congés ce jour là.

En vrai, je ne sais pas si j’aurais été capable de lui parler et puis si ça avait été le cas, on s’en serait surement cantonné à des banalités comme ça doit être le cas entre deux personnes qui ont été proches mais qui ne se voient plus depuis longtemps. Mais bon, tout ça me fait marrer parce que, même si il ne se passera plus rien, ça met un peu de piment dans ma vie tranquille d’imaginer que tout pourrait recommencer…