INCONTINENCE URINAIRE: Pourquoi ce n'est pas une fatalité – CHU Nancy- CHU Réseau

Publié le 02 avril 2013 par Santelog @santelog

En France, 3 millions de personnes souffrent d’incontinence urinaire et, chez les femmes, la prévalence de l’incontinence urinaire varie selon les études de 10 à 57 % et augmente avec l’âge. Chez l’homme, elle est plus rare, augmentant également avec l’âge. A l’occasion de la prochaine semaine de la Continence, du 8 au 13 avril prochain, les urologues du CHU de Nancy proposent aux patient(e)s qui en ont besoin, une prise en charge, avec éventuellement un bilan urodynamique qui permet de les renseigner sur le type de dysfonctionnement urinaire : un défaut du sphincter ou un problème de contraction de la vessie.Beaucoup croient que l’incontinence urinaire fait partie du processus normal du vieillissement, cependant des solutions existent et informer sur les prises en charge possibles ne peut que contribuer à améliorer la qualité de vie des patients.

Le mot  » continence  » vient du latin  » continentia  » qui signifie :  » la maîtrise de soi, la retenue par rapport aux plaisirs des sens « . On comprend alors mieux que le sujet soit resté tabou très longtemps. De fait, de nombreuses personnes souffrant de pertes d’urine hésitent à se faire examiner par un médecin et n’obtiennent donc jamais de diagnostic ni de traitement adéquat, alors que l’incontinence est aujourd’hui prise en charge par des spécialistes : urologues, gynécologues, médecins rééducateurs.

Plusieurs types d’incontinence :

·   L’incontinence urinaire d’effort : perte involontaire d’urine lors d’un effort, c’est-à-dire un acte ou un mouvement qui entraîne une  » surpression  » au niveau du ventre et donc de la vessie. Le système occlusif étant constitué du sphincter de l’urètre et des muscles du plancher périnéal, qui soutient la vessie, l’incontinence urinaire à l’effort peut être due soit à un défaut propre du sphincter urétral (insuffisance sphinctérienne), soit à un défaut des muscles du plancher périnéal (hypermobilité cervico-urétrale). Les deux peuvent être associées.

·   L’incontinence urinaire par hyperactivité vésicale : Elle correspond à un défaut de la vessie elle-même, qui se contracte pour des volumes de remplissage non justifiés sans intervention du mécanisme d’inhibition par le cerveau. A ce moment-là, si les contractions sont importantes et/ou le système occlusif insuffisant, des fuites apparaissent. Généralement les patients ressentent des envies plus fréquentes que la normale et surtout pressantes (impériosités mictionnelles) avec une impossibilité de se retenir. La prise en charge de ce type d’incontinence urinaire est spécifique.

Les femmes sont les plus touchées par l’incontinence urinaire car leur urètre est plus court et elles n’ont pas de prostate pour renforcer la fermeture de la vessie. Les hommes, qui ont une insuffisance sphinctérienne, le doivent principalement à des suites d’interventions chirurgicales ou à des lésions neurologiques. L’incontinence par hyperactivité vésicale les concerne moins, et, enfin, ils ne souffrent pas d’incontinence par hyper mobilité puisque l’urètre masculin est plus long et la disposition anatomique du plancher périnéal différent de celui de la femme.

Plusieurs moyens diagnostiques permettent appréhender l’incontinence:

·   Un interrogatoire poussé et des questionnaires validés,

·   un examen clinique,

·   un bilan urodynamique, qui va permettre de mesurer la capacité de la vessie, sa sensibilité pour des volumes qui sont préétablis (en moyenne de 400ml chez une femme), identifier des contractions de vessie anormales lors de son remplissage.

·   Un profil urétral pour évaluer le sphincter.

Des prises en charges thérapeutiques spécifiques en fonction de plusieurs critères :

·   Le type d’incontinence urinaire et/ou le type prépondérant d’incontinence urinaire, car les différents types peuvent s’associer entre eux,

·   Le degré d’incontinence urinaire avec sa répercussion sur la vie quotidienne du patient,

·   L’âge et l’état général du patient afin d’évaluer au mieux les bénéfices/risques de tel ou tel type de traitement.

Des rééducations très spécifiques qui doivent être réalisées par des professionnels formé et entraînés :

·   La rééducation périnéale vise à renforcer des muscles défectueux est proposée en cas d’incontinence urinaire à l’effort.

·   Un autre type de rééducation est proposée en cas d’hyperactivité vésicale afin de rétablir le contrôle sur la vessie par le cerveau et à aider le patient «  à se retenir « .

Le traitement médical existe mais uniquement dans le cas d’une incontinence par hyperactivité vésicale : les anticholinergiques, avec malheureusement un taux d’échec non négligeable. D’autres moyens thérapeutiques peuvent être envisagés, comme la chirurgie qui existe sous différents types d’interventions bien spécifiques de chaque type d’incontinence urinaire :

·   La bandelette sous urétrale : proposée en cas d’incontinence urinaire par hypermobilité cervico-urétrale puisqu’elle vise à renforcer les muscles du plancher périnéal trop faibles. Cette technique est quasi exclusivement utilisée chez la femme. Solution peu traumatisante, elle donne d’excellents résultats quand elle est posée à bon escient.

·   Le sphincter artificiel : c’est une technique réservée aux incontinences urinaires par insuffisance sphinctérienne sévère. Cette intervention ne peut s’adresser qu’à des patients autonomes et susceptibles de pouvoir le gérer.  » Il faut savoir l’ouvrir pour aller aux toilettes, argumente le médecin, c’est une petite pompe qui doit être actionnée et qui requiert une dextérité suffisante pour la manipuler.  »

·   La neuromodulation sacrée :  » Il s’agit de stimuler le nerf impliqué dans la contraction de la vessie : nous lui envoyons des décharges électriques à basse fréquence et en continu, afin de moduler les contractions.  » Pour ce faire, une électrode est implantée au contact de la racine du nerf qui module la vessie et des décharges électriques sont envoyées avec un boîtier, sur le même principe qu’un pacemaker.

·   Les injections de toxine botulique dans la paroi vésicale, vont entraîner une paralysie du muscle vésical et donc éviter les contractions inappropriées. Malheureusement dans l’hypothèse d’une paralysie vésicale complète, il faut s’assurer que le patient puisse la vider en se sondant tout seul toutes les 3 ou 4 heures environ. Cette technique est particulièrement réservée aux patients présentant une incontinence urinaire par hyperactivité vésicale associée à une maladie neurologique sous-jacente.

·   Enfin, la chirurgie d’agrandissement de vessie en utilisant un segment intestinal est possible et permet de réduire les contractions vésicales inappropriées.

Source : CHU de Nancy via Réseau CHU L’incontinence urinaire : un symptôme gênant, mais plus une fatalité ! En savoir plus : 11e Semaine nationale de la continence

Retrouvez Tena, sur 4 dossiers de Santé log:

Accéder

·au Dossier Pathologies urologiques et vésicales,

·à Incontinence et démence (Alzheimer),

·à Perte d’autonomie du patient âgé

·à Incontinence, l’apport des réseaux de santé

(Pour y accéder, vous devez être inscrit et vous identifier)