Et soudain Cahuzac surgit au milieu des roses !

Publié le 17 avril 2013 par Delanopolis
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1 - Lire Cahuzac entre les lignes

Ah Jérôme, merci ! Ce fut un bel exercice de contrition, quasi-religieux, où le jeu sur les mots «part d’ombre» et «pardon» fut parfaitement maîtrisé. C’était millimétré.

Merci aussi pour cet aveu subliminal car, inutile de tourner autour du Pot-aux-Roses, à écouter attentivement l’interview de Cahuzac sur BFM, on peut difficilement penser que sa hiérarchie, à savoir MM. Hollande, Ayrault et Moscovici ignoraient la vérité.

D’abord, notons une phrase étonnante : «Ceux qui m’ont vu à ce moment (depuis les révélations de Mediapart) ont vu comment je me consume alors. » Evidemment, les trois chefs susnommés ont vu leur ministre chargé du budget en ces temps là. Et ils n’ont jamais pu supposer que Cahuzac réagissait étrangement mal pour un innocent ? Bizarre, non ?

Autre énoncé pour le moins ambigu, à la question : « Le président, le premier ministre, le ministre des finances savaient-ils ? », réponse de Cahuzac : « J’ignore si le Président savait ; à lui aussi, je n’ai pas dit la vérité. »

Mais comment Hollande aurait-il pu savoir sans le dire à Cahuzac ? Comment Hollande aurait-il pu taire à Cahuzac les preuves dont il disposait ? Et jusqu’à quel moment Cahuzac n’a-t-il pas dit la vérité au président ? «Je n’ai pas dit» n’équivaut pas, en effet, à «je n’ai jamais dit» ...

Cette phrase énigmatique fait en réalité supposer qu’Hollande pouvait savoir mais ne le disait pas forcément à Cahuzac, peut-être pour arranger les choses par ses propres moyens.

Autre élément troublant, Cahuzac ne dit pas si Ayrault ou Moscovici savaient ou ne savaient pas. Il dit juste qu’il leur a menti. Mais là aussi, jusqu’à quand ?

Tout ceci devient carrément gênant si on vient bien se souvenir que Moscovici, il y a quelques jours, a révélé qu’il avait été demandé le 14 décembre 2012 à Cahuzac de signer un document déclarant qu’il ne possédait pas de compte à l’étranger, ce que le ministre du budget a refusé de faire.http://www.liberation.fr/politiques/2013/04/15/cahuzac-moscovici-attend-avec-tranquillite-de-s-expliquer_896215 Dès cet instant, entre la «combustion interne» évidente de Cahuzac et son refus de signer, sa place n’était plus au gouvernement.

Ajoutons à ces faits les très curieuses questions posées aux Suisses qui permettaient comme par hasard à Cahuzac de passer entre les gouttes des investigations puisque son compte à l’UBS avait été précisément clos juste avant la période interrogée.

Tout cela fait beaucoup. Beaucoup trop pour qu’on puisse penser que les plus hautes autorités de l’Etat n’aient pas été au courant.

Reste à savoir, désormais, si les médias français se poseront les mêmes questions où si ils préfèreront comme d’habitude regarder ailleurs et vérifier l’âge de la Twingo de Cécile Duflot.



2 - Opération transpire-rance : le gouvernement Ayrault est-il noyauté par les pervers et les paniers percés ?


Cédant à la panique, pour tenter de faire oublier Cahuzac, Augier et autres patronymes écrits en caractères rose fluo sur son agenda et qui font désormais mauvais genre, Mou-Président a décidé d’exposer au grand vent les patrimoines de ses collaborateurs, pardon de ses ministres.

Naturellement, il ne s’agit que de déclarations sur l’honneur.

On constatera d’abord que nul n’a le moindre centime à l’étranger, c’est admirable de franchouillardise, pardon de patriotisme. Quoi qu’il en soit, la boîte de Pandore est ouverte. Désormais, dans chaque circonscription, les petits curieux vont pouvoir comparer les éléments avoués par les éminences et la réalité du marché immobilier. Jauger avec ce qu’ils savent de la fréquentation par ces figures locales de tel ou tel établissement bancaire. A moins qu’ils n’enquêtent sur leurs investissements dans certaine entreprise ou encore sur les placements de leurs conjoints en séparation de biens et enfants qui auront reçu opportunément des donations afin de limiter l’ampleur du patrimoine déclaré.

Evidemment les députés et sénateurs, surtout de « gauche » - celle qui n’aime pas les riches - ne veulent pas s’exposer à de pareils tourments. Ils refusent de parler. Et ils sont beaucoup plus outrés que lorsqu’il s’agit d’augmenter le fardeau fiscal de leurs concitoyens.

Puisque la nature d’un Pot aux Roses est d’être découvert, nous avons surfé sur la page http://www.délationrépublicaine.gouvernement.fr ... euh ... http://www.declarations.patrimoine.gouvernement.fr, inaugurée par Matignon lundi dernier. Comme nous avons ressenti une honte sincère et authentique à nous livrer à pareil voyeurisme, nous serons assurément pardonné.

Consternation ! Que découvrons-nous ? Le gouvernement Ayrault est-il noyauté par les pervers et les paniers percés ?

Moscovici, Montebourg, Taubira, Cazeneuve, Hamon, Lamy, Valls, etc. n’ont souvent que de modestes propriétés immobilières en province et de petits appartements à Paris. Leurs placements financiers sont étiques (sans h) et les actions proscrites ou squelettiques. Quelle horreur : placer son argent dans le capital d’entreprises ou des « choses comme ça » pour reprendre une expression dégoûtée de Marisol Touraine !

La maigreur quasi pathologique des liquidités et dépôts à court terme de certains d’entre eux, par exemple Moscovici et Montebourg, est particulièrement inquiétante. Aurions-nous affaire à des paniers percés ? Delphine Batho, qui a vécu des années dans une HLM et n’est propriétaire d’aucun logement, a pourtant moins de 20 000 euros d’épargne financière.

De quels vices dispendieux des gens qui ont grandi sous les ors de la république, nombreux frais payés pendant des années voire des décennies, tout en gagnant confortablement leur vie, sont-ils atteints pour n’avoir ainsi le traître euro dans leurs escarcelles ?

Super-Normal a voulu botter en touche. Ce n’était pas une balle mais une grenade dégoupillée que son pied a heurté. Grâce à notre président, la politique rejoint la mathématique : ( Diversion x Improvisation + Incompétence )2 = Pagaille


3 - CRS = PS

Il y a de l’incohérence dans l’air, place de la Concorde.

Pour avoir voulu camper près du Palais Bourbon, 70 garnements se sont faits embarquer par la police et mettre en garde à vue. Pour installer un barnum à quelques mètres de là au prétexte d’animer les berges de la Seine, Delanoë dépense des dizaines de millions d’euros et reçoit les félicitations de la presse bobo. La cohabitation définitive d’une fête à neu-neu et de la représentation nationale en son monument historique ne trouble personne. Il y a quelques mois, des islamistes vociféraient dans les jardins tout proches des Champs-Elysées leur haine des Juifs, des Etats-unis et de la République française sans qu’aucun ne soit mis en garde à vue.

Valls, peu inspiré pour ramener l’ordre en Corse et à Marseille ou alpaguer des braqueurs en cavale, fut en revanche d’une redoutable efficacité pour « poisser », comme on disait du temps d’Audiard, les indignés de la droite catholique. Et, pendant ce temps, ça crie et ça piaille dans les colonnes du Nouvel Obs et de Libération pour que les forces de l’ordre soient désormais implacables dans leur rigoureuse poursuite de ces séditieux ! Pour un peu, ils nous réinstalleraient la Cour de sûreté de l’Etat.

Cela fait chaud au coeur de constater que les socialistes et assimilés ont désormais un tel amour et une telle confiance dans les forces de l’ordre. C’est sans doute qu’à l’Elysée leur chef suprême est d’une faiblesse qui fait désordre.


4 - Tribuables

Puisqu’il faut tenter de colmater les voies d’eau budgétaires qui menacent d’engloutir le pédalo de l’Etat, le concours Lépine de la fiscalité est relancé par le gouvernement. Ce sont 10 milliards d'euros supplémentaires de taxes et cotisations en tout genre prévus pour 2014, après 20 milliards en 2012 et 24 milliards de 2013.

Gravissime problème : ces rendements ne sont encore que prévisionnels et les rentrées fiscales, du fait du fléchissement de l’activité, se dérobent sous les pieds du gouvernement. Plus les socialistes veulent augmenter les taux et réduire les « niches », plus les recettes flanchent. Ils cumulent à la fois les effets d’une courbe de Laffer et le contre-coup de la baisse d’activité que leur politique a aggravée par ailleurs. Le FMI nous voit désormais en récession pour 2013. Comme Hollande avait fondé son programme sur une croissance de 1,7 % cette année, ce sont près de 2 % de PIB qui vont manquer à l’appel, soit au moins 20 milliards d’euros d’impôts et cotisations qui feront défaut, indépendamment de tous les chiffres précédemment cités.

D’ores et déjà, le budget de l’Etat n’est plus sincère et la Cour des comptes ne pourra le certifier.

La France va battre tous ses records de dépenses publiques, de prélèvements obligatoires et de déficit par rapport à son PIB. Et, pendant ce temps, Mélenchon et ses sous-marins au PS dénoncent les méfaits du libéralisme et du désengagement de l’Etat ! C’est à ce genre d’incohérence et d’incapacité d’une large partie de l’opinion à admettre l’évidence qu’on mesure le désarroi d’un peuple.


5 - Petroplouf

Ainsi les longs mois de gesticulations de Montebourg, ses voyages en Lybie avec Fabius pour y trouver des repreneurs miracles et autres roulements de mécaniques n’y auront rien fait : l’usine Pétroplus va être fermée.

Qui veut savourer un sommet de tartufferie politique dégustera le communiqué de Sapin et Montebourg : « Les ministres rendent hommage aux salariés qui ont su mener une lutte exemplaire et responsable. Ils saluent notamment l’action d’Yvon Scornet, qui a mené la mobilisation de l’Intersyndicale avec détermination. »

C’est merveilleux, la social-traîtrise.


6 - Souvenirs, souvenirs ...

Un dernier mot cette semaine sur Cahuzac.

En guise d’au revoir, nous rappellerons un communiqué de presse publié par Harlem Désir et Karine Berger au nom du parti socialiste le 5 décembre 2012 : « Les attaques contre Jérôme Cahuzac sont inacceptables. Le combat politique n'autorise pas tout. Le Parti socialiste condamne fortement les attaques et les calomnies sans fondement à l'encontre de Jérôme Cahuzac. C'est le combat du Ministre du Budget contre la fraude fiscale et pour la justice fiscale qui est ici visé par ses adversaires. Le Parti socialiste réaffirme tout son soutien à Jérôme Cahuzac pour le combat qu'il mène en faveur de la justice et de l'intérêt général.»