La pollution atmosphérique pourrait boucher les artères

Par Memophis

On savait déjà que la pollution atmosphérique augmente le risque d’accident cardiovasculaire. Une étude américaine va plus loin en mettant le doigt sur le mécanisme à l’œuvre : la pollution influence laplasticité des artères.

Plus de 400 décès par jour en France : les maladies cardiovasculaires tuent, et sont aujourd’hui la deuxième cause de mortalité après le cancer. De nombreux facteurs favorisent leur apparition, comme le tabagisme, l’alcool, le manque d’activité physique et la pollution de l’air.

Une équipe américaine de l’université du Michigan s’est intéressée à l’effet de la contamination aérienne sur la circulation sanguine. Cette étude, publiée dans la revue Plos Biology, met en lumière un lien entre la pollution atmosphérique et le risque d’athérosclérose. Cette dernière se caractérise par le dépôt de plaques de lipides sur la paroi des artères et peut entraîner un accident cardiaque.


L'athérosclérose se caractérise par le dépôt de lipides dans les artères. Elle peut conduire à la formation de caillots sanguins et à des accidents cardiovasculaires. L’étude montre que la pollution de l'air est un facteur de risque. © Adapté de Icewalker cs, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

L’étude a été menée sur plus de 5.000 Américains âgés de 45 à 84 ans, appartenant à différentes communautés et habitant dans six métropoles différentes. À trois ans d’intervalle, les auteurs ont mesuré l’épaisseur du couple intima et media (les tuniques interne et intermédiaire d’un vaisseau artériel), ou IMT (intima-media thickness) au niveau de leur artère carotide commune, qui vascularise la tête, le cerveau et le cou. L’épaisseur de ces couches de vaisseau sanguin est un indicateur du risque de maladie cardiovasculaire. En effet, lorsque des lipides se déposent sur les parois des artères, leur diamètre intérieur diminue. Cette mesure a été réalisée grâce à une technique d’échographie en deux dimensions non invasive permettant d’explorer le flux sanguin dans les vaisseaux.

Plus de risque de caillot sanguin dans les zones polluées

Le taux de pollution a été estimé par la concentration en particules finesdans l’air. Ces dernières, également appelées PM2,5, correspondent aux particules ayant un diamètre inférieur à 2.5 micromètres (µm). Les PM2,5sont un bon indicatif du degré de pollution atmosphérique, car elles sont présentes dans les gaz d’échappement provenant de différentes sources, comme les voitures et les centrales électriques. Les villes testées avaient une PM2,5 comprise entre 11,3 µg/mpour Saint-Paul (avec un peu plus de 200.000 personnes) et 23 µg/mpour Los Angeles, qui compte plus de 3,5 millions d’habitants.

D’après les résultats, L’IMT de l’artère carotide commune, qui était d’environ 700 µm au début de l’expérience, aurait augmenté de 14 µm par an en moyenne, quels que soient l’âge et la communauté. Cette majoration serait d’autant plus rapide dans les zones les plus polluées, que ce soit dans deux villes différentes ou au sein d’une même agglomération. Selon Sara Adar, directrice de cette étude, « un résident d’une zone polluée aurait en moyenne 2 % de chances de plus que les autres de faire un arrêt cardiaque».

Cette étude confirme l’effet de l’environnement sur la santé et en particulier sur l’état du système cardiovasculaire. Cependant, dans la vie quotidienne, il est difficile de contrôler certaines variables comme l’état de pollution du cadre de vie. Par contre, il conviendrait de garder une alimentation et un mode de vie sain pour limiter les risques d’accident cardiaque.