[critique] Star Trek : into Darkness

Publié le 14 mai 2013 par Vance @Great_Wenceslas

Cela fait deux semaines que nous avons eu la chance d'assister à la projection du nouveau Star Trek, attendu pour juin en France, ainsi qu'à la masterclass de J.J. Abrams. Sa sortie approchant, il est temps d'en parler. 

Petite précision, d'emblée, je ne connais absolument rien à la saga Star Trek. Je n'ai vu que quelques épisodes et le faux "reboot" de 2009. J'ai toujours eu un énorme préjugé sur cette série. J'ai toujours cru, à tort, que c'était avant tout un truc de niche, un peu idiot et surtout ringard. Je ne sais pas comment il a été perçu par les trekkies à l'époque, mais le Star Trek d'Abrams a réussi à éveiller ma curiosité, et m'a fait dépasser mes a priori. C'est déjà ça, j'imagine. Un bon point pour une création qui ne m'inspirait pas à la base : j'ai adoré le film de J.J. Abrams. 

Du coup, cette suite, je l'attendais au tournant. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'est pas décevante. Ceux qui ont aimé le premier épisode vont être plus que satisfaits de ce second. 


Abrams s'améliore de film en film, Super 8 était mieux réalisé que Star Trek, lui-même bien meilleur que Mission Impossible 3. Into darkness ne déroge donc pas à cette règle, offrant aux spectateurs une sorte de roller coaster d'action quasi non-stop, avec - fait suffisamment rare dans les blockbusters actuels pour être signalé - une bonne dose de suspense dans les séquences mouvementées. On sait que les héros vont s'en sortir, mais on ne sait pas comment, et c'est en cela qu'Abrams est fort : son sens du cadrage, du montage, font que l'on s'accroche littéralement à notre siège. Il y a quelques scènes vraiment intenses, comme lorsque deux des protagonistes se retrouvent propulsés dans l'espace et doivent se frayer un chemin parmi les débris d'un vaisseau ou comme la toute première séquence, très James Bondienne, époustouflante. Il faut dire que les conditions pour se sentir immergé étaient réunies : 3D et Imax. On pouvait craindre que certains gimmicks du réalisateur comme les flares ou les tremblements de caméra ne gâchent la vision du film en relief. Il n'en est rien, heureusement, et la 3D post convertie est excellente de bout en bout, à un ou deux plans près (je pense à un gros plan de Cumberbatch par exemple). Bref, vous l'avez compris, niveau sensations fortes, on est servi, le spectacle est total, avec des effets spéciaux hallucinants

J'ai adoré la caractérisation des héros dans l'action, ils évoluent clairement bien depuis le premier film. L'attachement est immédiat. Il y a beaucoup de plaisir à retrouver ce casting, et chaque acteur a le droit à une belle scène. Quant à celui qui est le plus mis en avant (on ne voit que lui !), Benedict Cumberbatch, il insuffle à son personnage - le grand méchant de l'histoire - énormément de charisme. Ce mec a une prestance incroyable, sa voix grave impose directement le respect. Il est une attraction à lui tout seul, on peut très bien aller voir le film uniquement pour lui. Il est l'un des atouts de ce nouvel épisode. Paradoxalement, c'est de son personnage que proviennent les plus gros défauts du script. Je ne vais surtout rien vous dévoiler de l'intrigue qui réserve son lot de surprises, mais j'ai trouvé que le background du personnage manquait un peu d'épaisseur : on ne comprend pas ses motivations. On pourrait presque dire que sans cet acteur, le personnage n'aurait que peu d'intérêt. Et le coup du grand méchant tellement intelligent qu'il se fait délibérément capturer pour mettre à exécution son plan, et qui a toujours un tour d'avance sur les héros, ça commence à être lassant. On a eu droit à ça dans The Dark Knight (et rises), The Avengers, Skyfall


Hormis ce détail, le film est quand même sacrément jubilatoire, la fin est assez sèche, abrupte, mais il s'en dégage une sorte de force, de brutalité, de rapidité, totalement logique dans ce crescendo d'action

La bande originale de Giacchino est magnifique (décidément ce compositeur fait des merveilles, je suis encore sous le charme de son John Carter), elle illustre très très bien l'image. 

Les fans de Star Trek auront énormément matière à débattre car l'on sent que les scénaristes ont inséré intelligemment quelques références à d'anciens épisodes, mais en l'état, pour un novice comme moi, le film est suffisamment clair et cohérent pour pouvoir être apprécié. On espère déjà un troisième épisode pour retrouver nos héros dans de nouvelles histoires (le film se passant très souvent dans des vaisseaux, on imaginerait volontiers que la suite puisse se passer sur une planète exotique). 

La masterclass qui a suivi était très intéressante et riche en anecdotes, je vous laisse la découvrir en cliquant sur ce lien. 

Ce que je retiendrais surtout, c'est l'humilité d'un réalisateur qui a de plus en plus de projets excitants, et son attachement à certaines techniques pouvant paraître un peu démodées actuellement (la plupart des décors ont été construits en dur). Un bon point quand l'on sait qu'il sera le réalisateur de la prochaine trilogie de Star Wars. On ne peut que se réjouir de cette nouvelle tant son film est brillant et respectueux. Et voir un metteur en scène qui s'améliore continuellement, cela fait plaisir. 

Star Trek : into darkness est probablement l'un des plus gros films d'action à sortir cette année, le spectacle est garanti, vous pouvez aller le voir sans hésiter une seconde. 

Ma note (sur 5) :

4


 

Titre original

Star Trek : into darkness

Mise en scène 

J. J. Abrams

Production 

Bad Robot & Skydance Productions

Distribué en France par

Paramount

Date de sortie France 

12 juin 2013

Scénario 

Roberto Orci, Alex Kurtzman & Damon Lindelof

Distribution 

Chris Pine, Zachary Quinto, Zoe Saldana, Simon Pegg & Benedict Cumberbatch

Durée 

130 min

Musique

Michael Giacchino

Photographie

Daniel Mindel

Support 

IMAX 3D 70 mm

Image 

1.44 :1

Son 

VO DTS 5.1

Synopsis : Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos…
Dans un monde en guerre, le Capitaine Kirk, animé par la vengeance, se lance dans une véritable chasse à l’homme, pour neutraliser celui qui représente à lui seul une arme de destruction massive. Nos héros entrent dans un jeu d’échecs mortel. L’amour sera menacé, des amitiés seront brisées et des sacrifices devront être faits dans la seule famille qu’il reste à Kirk : son équipe.