Asian Kung Fu Generation @ Bataclan : la réussite attendue… Et même un peu plus !

Publié le 05 juin 2013 par Paoru

C’est en ce dimanche 2 juin que se déroule le concert le plus attend de ce premier semestre 2013, celui d’Asian Kung Fu Generation. Cette formation créée en 1996 réalisait sa première tournée européenne et venait se poser à Paris, le temps d’une date, dans la salle du Bataclan.

Un concert voué au succès

Avec 17 ans d’existence ce groupe de rock peut toujours compter sur une fanbase solide tout autour du monde, comme akfgfragments en Europe. Leur venue sur le Vieux Continent était l’occasion de rencontrer ces fervents admirateurs mais aussi, pour le groupe, de se faire plaisir. Avec un tarif imbattable de 25 euros proposé par le tourneur, Bishi-Bishi, les 4 membres avaient donc soif de nouvelles rencontres plutôt que de placer des concerts sous le signe de la rentabilité.

Sous le fameux seuil psychologique des 30 euros, les billets du concert sont donc partis assez facilement sur plusieurs semaines. En ce dimanche soir la salle était sold out, pleine de 1500 spectateurs heureux et venu profiter d’un bon moment, avec un groupe de grande envergure, dans une des plus belles salles parisiennes.

Au-delà d’une dizaine d’albums, autant de singles et plus d’une trentaine de clips, Asian Kung Fu Generation – ou Ajikan pour les fans – est aussi une formation de 4 membres qui ne peut que susciter la sympathie du public européen. Le premier atout, classique, est celui des nombreux clips d’anime signés par ces originaires de la région de Chubu : Naruto, Bleach et Fullmetal Alchemist pour ne citer qu’eux sont trois licences ultra populaires en France sur lesquelles le groupe a apposé sa signature, pleine d’énergie, comme on pourra le constater plus tard, durant le show.

Mais ce groupe va plus loin que les simples génériques et la voix de son leader-chanteur, Masafumi Gotoh, n’est pas là que pour chanter des opening. Sous ses petites lunettes et son apparence de jeune homme calme au look désinvolte, se cache une force et un engagement difficilement soupçonnable… Et excessivement rare dans le showbiz nippon, souvent bien lisse. Quelques heures avant le concert nous l’avons rencontré pour une conférence de presse afin de lui parler du concert à venir mais aussi de son combat contre le nucléaire.

Il nous explique alors qu’il se sent coupable. Coupable de s’être intéressé au problème avant le fameux 11 mars 2011 mais n’être devenu actif qu’après. Coupable de n’avoir pu sensibiliser – ou du moins d’avoir essayer de sensibiliser – ses compatriotes, avant que tout ne dérape. Du coup, fort de son statut d’artiste populaire mais néanmoins indépendant, il a fondé le journal « The Future Times » qui dénonce le comportement opaque et l’incompétence de l’état et de la société Tepco face au problème du nucléaire. Il appelle le Japon à réfléchir, à se réveiller, à se bouger.

Cette énergie qu’il met dans cette autre facette de sa vie d’artiste ne se fait pas au détriment de la scène, bien au contraire, comme nous nous apprêtons à le constater en ce soir de concert.

Une excellente ambiance

C’est donc pour les raisons évoquées plus haut que tout le monde était ravi d’être là, que le public j-music était content de se retrouver si nombreux pour prouver avec enthousiasme, dans une atmosphère bon enfant, qu’il existait encore, qu’après un an de focus sur la Corée il savait encore répondre présent. Justement, parlons du concert lui-même car il est 19h est la salle s’impatiente !

Les 4 membres s’installent rapidement à leur poste : Gotô attrape sa guitare, Kita fait de même avec la sienne, Yamada s’enveloppe de sa basse et Ijichi s’installe derrière sa batterie.

C’est parti pour 2 bonnes heures des morceaux les plus populaires du groupe :

Shinseiki no Love Song
Magic Disc
Angou no Waltz
Siren
Re:Re: (with jam)
N.G.S
World World World
No Name
Night Diving
Gekkô


Juuni shinhou no Yuukei
Korogaru Iwa, Kimi ni Asa ga Furu
Blue Train (with jam)
Haruka Kanata
Rashinban
Loop&Loop
Rewrite (with jam)
Kimi to Iu Hana

ENCORE : Solanin
ENCORE : Anemone no saku haru ni

ENCORE 2: Sore dewa, Mata Ashita

Malgré un petit problème de gorge quelques jours auparavant, Gotô avait retrouvé quasiment tous ses moyens. De plus tout le public était là pour le soutenir : chantant, sautant et criant toujours avec le sourire pour accompagner les stars du jour. Connaissant les chansons sur le bout des doigts, l’audience de la fosse a surpris le groupe par son enthousiasme et ses reprises sans fautes des refrains les plus populaires.

Le groupe a répondu à cet engouement avec un professionnalisme solide et une belle énergie. Alors qu’on pourrait les imaginer statique au vu de leur conférence de presse ou sur leurs clichés photos, le quatuor cache bien son jeu et abandonne sa timidité pour se révéler, improviser des solos plus qu’honorables et qui témoignent aussi de leur expérience de la scène. Mention spéciale pour les envolées à la guitare de Gotô ou à la batterie d’Ichiji, écho d’un univers artistique aussi riche que personnel.

On pouvait donc profiter d’une communion qui faisait plaisir à voir, d’autant que même avec le sold out, on pouvait circuler dans la salle sans difficulté, les gens vous faisant une petite place avec le sourire, vous invitant à venir partager le moment avec eux. Entre les fans qui n’auraient manqué l’évènement pour rien au monde et les curieux qui ont tenté l’aventure grâce au prix modique du billet, tout le monde était content d’être là.

Ces deux heures de concert furent donc une réussite et le groupe lui-même ne voulait plus partir : après un double rappel qui était déjà planifié sur la setlist, le groupe nous a gratifié d’un ultime morceau alors que la salle commençait à se vider. Un cadeau d’au revoir, synonyme d’à bientôt ? On espère !

En attendant leur retour, n’oubliez pas que leur best of NANO MUGEN COMPILATION, le best-of du festival éponyme est dès aujourd’hui dans les bacs nippons ! Voici, enfin, toutes les photos du concert :