Le mur du son en chute libre ?

Publié le 22 avril 2008 par Chantal Doumont

Un parachutiste veut franchir le mur du son en chute libre !

Un parachutiste français de 64 ans, Michel Fournier, a annoncé lundi qu'il allait tenter d'effectuer à partir du 25 mai au-dessus du Canada un saut en chute libre de 40 000 m d'altitude, qui lui fera franchir le mur du son. 

L'ancien officier, qui n'avait pu mener à bien une tentative en 2003, veut battre au cours de son «grand saut» quatre records du monde : vitesse en chute libre (1500 km/h), temps en chute libre, altitude de saut, altitude de vol humain sous un ballon.
 
Cet essai aura «des répercussions considérables pour l'aéronautique et le spatial, sur le plan médical et sur la haute technologie» (pressurisation, télémesures...), a affirmé Michel Fournier au cours d'une conférence de presse à Paris. 

Avec plus de 8600 sauts en parachutes à son actif, Michel Fournier, qui détient déjà le titre français du plus haut saut en parachute (12 000 m), entend dépasser largement le record de l'Américain Joseph Kittinger (plus de 31 000 m en 1960). 

Ce saut, a souligné son parrain, le spationaute français Jean-François Clervoy, «ouvrira un nouveau domaine», celui du comportement du corps humain à la vitesse du son, et doit faire avancer les recherches sur les futurs systèmes de sauvetage d'astronautes alors que va s'ouvrir l'ère du tourisme spatial. 

La tentative de Michel Fournier s'inscrit d'ailleurs dans la continuité d'un projet de l'Armée française dans les années 1980, prévoyant de tels sauts à 38 000 m pour mettre au point la capsule d'éjection du projet de navette européen Hermès. Les deux sélectionnés pour ces essais avaient été en 1987 Michel Fournier et Jean-François Clervoy. 

Pour monter à 40 000 m, l'aéronaute décollera de la province canadienne du Saskatchewan dans une nacelle pressurisée accrochée à un ballon gonflé à l'hélium de 600 000 m3 de volume, haut de 161 m

La nacelle devra être dépressurisée avant la sortie de l'aéronaute, «exactement comme une sortie dans l'espace», a souligné Jean-François Clervoy, bien qu'il soit nettement en-dessous de l'altitude considérée comme l'entrée dans l'espace, 100 km

AFP