Promise (T1) Le livre des derniers jours

Publié le 21 juin 2013 par Un_amour_de_bd @un_mour_de_bd

Hiver 1864, dans l’Idaho, au pied des Rocheuses. Le prédicateur itinérant Amos Laughton apporte la bonne parole et la terreur…

Scénario de Thierry Lamy, dessin de Mikaël. Public conseillé : Grands adolescents, adultes

Share

L’histoire

Idaho 1864, fin de la guerre de Sécession. Dans cette période troublée, faite de pillage et de massacre, le petit village de « Promise », niché au pied des Rocheuses, est isolé du chaos.
Dans une ambiance inquiétante de fin du monde, Amos Laughton, un prédicateur itinérant prêche l’apocalypse. Prophète exalté, accompagné par un chien « infernal », Amos n’hésite pas à apporter jugement et punition aux pêcheurs qui croisent sa route.
Jeremie Graves, un honnête homme qui croise sa route, en fait l’expérience définitive, laissant sa femme, Margot et sa fille Rachel sans défense face à l’inquiétant personnage. Croyant voir en Margot la promise qu’il attend, Laughton se sert de son amant pour s’imposer en sauveur de la jeune veuve.


Crépusculaire


C’est l’adjectif qui vient en premier aux lèvres. Lamy et Mikaël vous invitent à emboiter les pas d’un personnage peu recommandable et inquiétant. Le Western fantastique qu’ils nous racontent a tout pour faire frémir. Homme de dieu ou du diable aux buts obscurs et torturés, Lamy et Mikaël campent un personnage d’une densité et dramaturgie folle. L’ambiance « Western hivernal » ouatée et étouffante participe à la sensation d’isolement et de danger.
Quel est son but ? Que veux ce faux-pasteur, ce vrai tueur ? Lamy distille très lentement les informations. La part d’ombre et d’inconnu qui accompagne ce sombre prêcheur le rend encore plus dangereux et imprévisible.
Si le récit et les dialogues sont un peu « mécaniques » au tout début, ils s’améliorent rapidement. De plus en plus dense et pesant, l’histoire est ponctuée de ruptures de rythme portées par des personnages secondaires intéressants (la fille Graves et le vieil indien).
La fin de l’album en apothéose laisse présager un second tome sous haute tension…

Le dessin


Noir, c’est noir !
Mikaël s’est mis au service total du scénario. En osmose complète avec ce western crépusculaire, il nous offre un dessin dense et profond. Associant un trait semi-réaliste expressif (quelles gueules torturées !), une matière bien présente et des couleurs froides, il nous embarque dans des ambiances glacées et inquiétantes. Avec un découpage et des cadrages savants, Promise (T1) reste une BD très lisible.

Pour résumer


Inspiré d’un poème infernal d’Edgar A. Perry retranscrit en fin d’album (Le chant de l’incube), ce premier tome (sur 3) s’annonce très bon. Western d’épouvante ésotérique, porté par un personnage effrayant (un pasteur itinérant démoniaque) l’histoire est rythmée et mystérieuse à souhait. Pour ne rien gâcher, au dessin, le québécois Mikaël nous offre un dessin semi-réaliste mature, à l’encrage profond et aux cadrages travaillés.