L’activité des TPE en 2012

Publié le 21 juin 2013 par Activeille

La Fédération des centres de gestion agréés vient de publier la 17ème édition de son étude annuelle « Activité et Tendances ». Une enquête inédite qui combine l’approche sectorielle et l’analyse géographique. Synthèse des principaux enseignements.

L’étude « Activité et Tendances » porte sur 8 grands secteurs d’activité regroupant 26 professions du commerce, de l’artisanat et des services. Elle vient compléter la grande enquête annuelle de la FCGA sur les « Tops et les Flops » des TPE dont la dernière édition vient d’être rendue publique.

(Observatoire de la Petite Entreprise)

Principal enseignement de cette nouvelle étude de la FCGA : l’activité des petites entreprises, tous secteurs confondus, enregistre un recul spectaculaire en 2012 : -2,2% (contre +1,9% en 2011). C’est la plus importante baisse de chiffre d’affaires de la décennie, après le « dévissage » historique de 2009 (-2,5%).

Deux tendances de fond à retenir en 2012 : l’effondrement de l’artisanat du bâtiment (-4,8%, contre +4% en 2011) et la bonne résistance du commerce de détail alimentaire : +0,6%, contre +1,6% l’année précédente. Même si la performance relative de ce dernier secteur reste négative (- 1 point), c’est le seul qui parvient à dégager une tendance positive en 2012.

Détail des performances, secteur par secteur

Le commerce de détail alimentaire : +0,6%

C’est le seul secteur d’activité qui affiche une évolution positive de chiffre d’affaires en 2012. Si les professionnels de l’alimentation perdent un point par rapport à l’année précédente (+1,6% en 2011), ils confirment leur extraordinaire capacité de résistance à la crise. Contre toute attente, les commerces de fruits et légumes augmentent même leurs ventes de 2% (+2,2%, contre +0,2% en 2011). C’est la plus forte hausse de chiffre d’affaires en 2012, toutes professions confondues.

La vente et réparation auto-moto : -0,3%

Les garagistes font mieux qu’en 2011 (-1,7%), mais ne parviennent toujours pas à retrouver le chemin de la croissance. Si le marché de l’entretien-réparation se porte mieux que celui de la vente de véhicules neufs (-14,5% en 2012 selon le Conseil national des professions de l’automobile), l’augmentation du coût des réparations, liée à la hausse du prix des pièces de rechange (+3,5%), fragilise néanmoins la profession. Confrontés à ce renchérissement des prestations, les automobilistes reportent les réparations et retardent même le contrôle technique de leurs véhicules. En 2012, la filière « commerce et réparation automobile » a perdu 5 400 emplois.

Les professions de la santé : -0,7%

Le chiffre d’affaires des pharmacies d’officine et des magasins d’optique s’étiole en 2012 (-0,7%, contre +0,3% en 2011). Autrefois en tête de tous les palmarès économiques, les professions de la santé sont désormais confrontées à une diminution constante de leur activité. D’un côté, la politique de maîtrise des dépenses de santé pèse structurellement sur le développement des pharmacies de proximité ; de l’autre, le marketing agressif des enseignes discount et la vente de lunettes sur Internet réduisent les parts de marché des opticiens indépendants.

Les métiers de la beauté et de l’esthétique : -1,2%

De moins en moins de visites, une baisse du ticket moyen, une diminution sensible des ventes additionnelles : l’activité des salons de coiffure et des instituts de beauté est directement impactée par la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Les deux professions sont aussi déstabilisées par le nombre impressionnant d’auto-entrepreneurs qui s’installent et proposent des prestations, souvent à domicile, à petits prix.

Cafés-hôtellerie-restauration : -1,7%

-1,4% pour les cafés-bars et les restaurants en 2012 (contre, respectivement : +1,5% et +2,2% en 2011). Les hôtels restaurants, eux, enregistrent une baisse d’activité plus importante : -2,2% (contre +1,2% l’année précédente). Pour des raisons à la fois économiques (arbitrages budgétaires) et psychologiques (morosité ambiante), ces établissements doivent composer avec une diminution sensible de la fréquentation. En 2012, le segment le plus dynamique est celui de la restauration rapide moyenne et haut de gamme (+3%) selon le cabinet spécialisé Gira Conseil.

L’équipement de la personne : -2%

Toutes les professions du secteur sont dans le rouge ! Les magasins de prêt-à-porter (-1,8%), de chaussures (-0,2%) et de lingerie (-2,6%) subissent directement les effets de la conjoncture. En période de crise, les Français renouvellent moins souvent leur garde-robe, réduisent la part du budget consacré à l’habillement et regroupent leurs achats au moment des soldes. Une stratégie opportuniste qui profite davantage aux grandes enseignes spécialisées et aux sites de vente en ligne. Dans ce même contexte, l’activité des horlogeries-bijouteries indépendantes enregistre un recul important : -3,5% (contre +2,4% en 2011).

L’équipement de la maison : -4,4%

Triste record pour les magasins spécialisés dans la vente d’appareils électroménagers, de téléviseurs et d’équipements hifi ! Ils affichent la plus forte baisse d’activité, toutes professions confondues : -13,7%. Prises dans l’étau de la grande distribution et des enseignes spécialisées, les boutiques indépendantes perdent du terrain. En 2012, selon le Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménagers (GIFAM), les ventes du secteur dégagent un chiffre d’affaires de plus de 7,6 milliards, en progression de 0,4%.

Le bâtiment : -4,8%

De la première à la dernière place ! Après avoir tiré la croissance des petites entreprises en 2011 (+4%), l’artisanat du bâtiment, secteur clé pour la vitalité des TPE, s’effondre en 2012 : -4,8%. Une dégringolade spectaculaire qui touche l’ensemble des corps de métiers de la filière. Et tous les marchés : le neuf comme l’entretien-réparation. Seuls les électriciens maintiennent un niveau d’activité légèrement supérieur à zéro (+0,9%, contre +7,8% en 2011).

(Communiqué)

Pour en savoir plus : http://www.fcga.fr/category/activite-et-tendance/