CRITIQUE DU FILM : Bug, de William Friedkin (2006)

Publié le 26 juin 2013 par Redrum @Ingoruptibles

Agnès vit seule dans un motel désert. Elle est hantée par le souvenir de son enfant, kidnappé plusieurs années auparavant, et redoute la visite de son ex-mari, Jerry, un homme violent récemment sorti de prison. Dans cet univers coupé du monde, Agnès s'attache peu à peu à un vagabond excentrique, Peter. Leur relation tourne au cauchemar lorsqu'ils découvrent de mystérieux insectes capables de s'introduire sous la peau…



Redrum : Un film d’insectes tueurs, sans une seule image d’insecte…il fallait oser, William Friedkin l’a fait ! Un choix somme toute logique : adaptation sur grand écran d’une pièce de théâtre de Tracy Letts, Bug met en scène des protagonistes psychologiquement fragiles, dont l’infestation n’a rien d’avéré. Si vous pensiez assister à une déferlante d’insectes enragés sur votre écran, passez donc votre chemin ! Pour les autres, bienvenue dans un huis clos malsain et dérangeant, en plein cœur d’une Amérique poisseuse où les héros sont, au choix, alcooliques, violents, dégénérés, voire les trois ! La théâtralité du film séduit d’emblée (une chambre de motel pour seul et unique décor, rapidement irrespirable), conjuguée à des détails intrigants (maudit téléphone…) et à de longs plans aérien faisant planer - c’est le cas de le dire -  un climat pénétrant de tension. Comme dans L’Exorciste, William Friedkin dépeint de nouveau le combat d’humains face à un mal dont on ne sait pas s’il est réel, et l’incrédulité de ceux qui en sont témoins. Au moment de faire basculer Bug dans l’horreur pure, le réalisateur n’hésite d’ailleurs pas à s’autociter lors d’une scène furieuse où Peter (Michael Shannon, impressionnant) est littéralement projeté sur son lit par ses démangeaisons. Un film noir et épuré, devant lequel ne pas se gratter frénétiquement est un véritable défi ! 4/5

Brundlefly : Non, rien à voir avec Windows pour le coup. Bug, c’est un peu le retour d’un foutu réalisateur à du cinéma dérangeant, psychologique, poisseux et prenant qui a fait son immense succès. Oui, il s’agit bien de William "Wild Bill" Friedkin, qui nous pond ici l’adaptation d’une pièce de théâtre en œuvre de cinéma d’une impressionnante mais toujours astucieuse violence physique et psychologique, dont le sujet en filigrane est le terrain d’expression d’une étonnante et troublante spirale de troubles paranoïaques et comportementaux. Le traitement, évitant tout jugement moral vis-à-vis des protagonistes, renforce l’attachement qu’on éprouve pour eux, et ce malgré leur implacable descente aux enfers. Bug est bizarre, malsain, déroutant mais captivant, à aucun moment il ne se vautre ou échoue dans le traitement de son sujet, explorant tous les recoins les plus glauques de l’esprit de ses personnages et parallèlement des quatre murs entre lesquels ils évoluent. Du cinéma sans concession, aussi subtil que malsain, et foutrement réussi. Friedkin is fucking back, kids ! Et ce n’est pas Killer Joe qui nous fera dire le contraire. 4/5


Genre : Drame psychologique / Fantastique
Réalisateur : William Friedkin
Acteurs
: Ashley Judd, Michael Shannon, Harry Connick Jr, Lynn Collins...
Durée : 1h40
Année de production : 2006 (États-Unis)