Hollande a confirmé son véto à toute exploitation du gaz de schiste en France, certainement pour satisfaire deux lobbies puissants : les Verts et EDF.
Par Guy Sorman.
Ces forages, mauvais pour les oreilles, sont excellents pour l'économie : depuis le début de l'exploitation systématique en 2000, 800 000 emplois nouveaux aux États-Unis ont été créés par cette industrie, généralement bien rémunérés ; un tiers du gaz américain provient des schistes, les États-Unis sont devenus auto-suffisants en gaz naturel et commencent à exporter ; les prix de l'énergie ont baissé, ce qui permet une certaine ré-industrialisation. Cette exploitation des gaz de schiste a ressuscité l'économie d'États isolés ou stagnants, comme le Dakota du Nord, le Wyoming, la Virginie de l'Ouest, l'Arkansas, le Missouri.
En France, il se trouve que les principaux gisements exploitables se trouvent dans le Massif Central (Larzac particulièrement) : notre pays pourrait, à terme, devenir auto-suffisant sans plus dépendre des importations de Russie et d'Algérie. Pourquoi ne pas se mettre à l'école américaine plutôt que de la nier ? François Hollande, ignorant ? Peut-être pas. En s'abritant derrière le faux prétexte américain, il satisfait deux lobbies puissants : les Verts et EDF.
Pour les Verts, le gaz de schiste est devenu un épouvantail idéologique (parce qu'il ne faut pas écorcher LA Nature ? Par antipathie pour l'innovation ? Par quête de Tabou ?) bien que ce gaz polluerait moins que le pétrole et serait moins dangereux que les déchets nucléaires.
EDF ? La compagnie dépend de l'énergie nucléaire et l'exporte. S'il apparaissait que le gaz naturel était une alternative économique, le lobby nucléaire – un État dans l'État – perdrait son influence politique et économique. EDF emploie d'ailleurs une agence de communication pour fusiller le gaz de schiste dans les médias. François Hollande s'est donc rangé dans cette alliance bizarre du nucléaire et des Verts en agitant – c'est classique – l'épouvantail américain.
---
Sur le web.