A EC comics, nous sommes tous reconnaissant !… (Akileos rééditions)

Par Hectorvadair @hectorvadair

Akileos Ec comics
 Crime Suspense stories et Weird science   

D'autres articles ont été écrits sur cette vague de rééditions bienvenues, par l'excellente maison d'édition Akileos. Ce qui nous intéressera ici sera plus de l'ordre de la comparaison avec les précédentes traductions francises, et je renverrai pour cela vers les pages bonus consacrées a Ec comics sur Wrightsoninfrench. 

Mais on s'intéressera aussi à l'utilisation qui a été faite (de manière éhontée, mais en même temps en guise d'hommage) par des nombreux groupes punk rock au fil des décennies qui ont suivi. Deux exemples en particulier dans ces recueils ont retenus mon attention. (Voir plus bas)

Dans ces deux volumes, on distingue deux thématique différentes : 

Crime suspens stories propose de manière  assez récurrente  des synopsis où un homme ou une femme sont tyrannisés ou se sont lassés de leur conjoint, et l'un d'eux va avoir l'opportunité de le liquider, d'une manière plus ou moins originale, cruelle, ou démoniaque, avec l'aide ou pas d'individus ou d'éléments extérieurs. 

Bien sur, au Final, le stratagème se retourne contre son inventeur... 

Les scénarios sont plutôt bien écrits, et on se prend à féliciter les auteurs principaux, qui, même s'ils s'inspirent souvent de roman existants (voir Wikipedia…), on su proposer de bonnes adaptations, parfaitement mises en images par des dessinateurs devenus cultes depuis. Bill gaines et Al Feldstein en cela gagnaient à être davantage reconnus. Et ces traductions en donnent l'occasion.

L'épisode "Haut les têtes",  avec sa sorcière de L'Antre de La Peur, typique de la série Tales from the crypte, ou the Vault of horror", et son scénario basé sur les freaks et le milieu du cirque ne manquera pas d'interpeller les amateurs de Bernie Wrightson, dont on sait l'influence subie auprès de cette maison d'édition. Graham Ingels fait ici un travail remarquable.

Et Wrightson s'en souviendra pour sa "Foire aux monstres", c'est certain. 

Dans l'épisode "L'égout", dessiné par Johnny Craig, la fin très cruelle et inattendue mérite d'être placée parmi les meilleurs histoire de polar flirtant avec l'horreur.

> 4 histoires dans chacun des sept numéros originaux #1 à 7 : 1950 à 1951 :

Retour à l'envoyeur : Johnny Craig

Duplicité mortelle : Bill Gaines et Al Feldtsein/  Wally Wood

Un instantané de la mort !  : Bill Gaines et Al Feldtsein/ Graham Ingels

Marée haute : Harvey Kurtzman

Le sosie : Johnny Craig

Un moment de démence : Graham Ingels

Le corps dans le crématorium : Johnny Craig 

Contrat pour la mort : Bill Gaines et Al Feldtsein/Jack Kamen

Poison : Johnny Craig 

Le tueur ricanant : Harvey Kurtzman

Face à l'horreur : Bill Gaines et Al Feldtsein/  Wally Wood

Un vin rouge sang : Bill Gaines d'après E. A Poe/ Graham Ingels

Retour de flamme : Johnny Craig

Double prime : Bill Gaines et Al Feldtsein/Jack Kamen

Conspirateur : Bill Gaines et Al Feldtsein/Jack Davis

Haut les têtes ! : Bill Gaines et Al Feldtsein/ Graham Ingels

L'égout :Johnny Craig

Mr Biddy…tueur : Bill Gaines et Al Feldtsein/Jack Davis

Le Naif : Bill Gaines et Al Feldtsein/Jack Kamen

Partiellement dissous : Bill Gaines et Al Feldtsein/ Graham Ingels

Un toast…à la mort : Johnny Craig 

Folle à lier : Bill Gaines et Al Feldtsein/Jack Kamen

L'inversion : Bill Gaines et Al Feldtsein/George Rousso

Le devoir de juré : Bill Gaines et Al Feldtsein/ Graham Ingels

Le tueur à la hache : Johnny Craig

Vengeance : Bill Gaines et Al Feldtsein/Jack Kamen

Faux : Bill Gaines et Al Feldtsein/Jack Davis

Horreur sous le grand chapiteau : Bill Gaines et Al Feldtsein/ Graham Ingels

Weird science, comme son nom l'indique un peu, propose de la science fiction. Et si le fantastique voire l'horreur s'invitent subrepticement dans "Crime..." , Weird science se consacre plus exclusivement  à quelques thèmes de prédilections : les envahisseurs, le Space opéra et ses voyages intersidéraux, à la découverte de formes extra terrestres, et aux conséquences de l'exploitation de la bombe atomique par la race humaine.  La miniaturisation (au niveau de l'atome) est aussi beaucoup abordée. Vu l'époque, (premiers essais nucléaires, affaire Roswell…), on ne s'en étonnera pas. L'actualité était chaude alors.

On pense aujourd'hui avec les références Men in black, et tous les films TV et cinéma de la culture populaires de ces 60 dernières années, mais en 1950 et 1951, ces comics devaient vraiment être attendus et dévorés comme des "ovnis", c'est le cas de le dire.

Pour le space-opera, on sourira a maintes reprises de la façon dont, en 1950, les scénaristes et dessinateurs américains imaginaient les vaisseaux et leur propulsion. Voir le départ très "cool" des astronautes, dans l'épisode l"'évasion", (#8, 1951), (ici page 212), qui, "a trois minutes (seulement) du décollage terminèrent leur briefing et se dirigèrent vers l'ascenseur qui les emmènerait verrs l'entrée du vaisseau" (...)  Lorsque l'on sait le temps réel de préparation passé par les astronautes avant le décollage...
 > Ci à gauche : un départ sur les chapeaux de roue, et en tenue de ville. Cool quoi ! 

Le saut évasif, sur la fin (même épisode, page 217) est par contre plutôt bien vu pour l'époque, quand on repense aux sauts réels de Joseph Kittinger (31 km, en Août 1960), et celui de Felix Baumgartner réalisé en combinaison a 39 km d'altitude en Octobre 2012.



Dans l'ensemble, à quelques exceptions près, il me semble que Suspense stories s'en tire mieux que Weird science, où un sentiment de redite sur les histoires a tendance à s'emparer du lecteur au mieux du recueil.
Je rajouterais que le style d'Harvey Kurtzmann, plutôt reconnu pour ses planches humoristique dans la revue Mad, fait un peu "tâche" ici, surtout dans "L'ultime guerre sur terre" et l"homme est un surhomme".

Mais ces 2 volumes sont cependant plutôt réussis, bien maquettés, et complètent parfaitement les autres publications françaises précédentes. Elles méritent donc d'être achetées. 

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> Deux utilisations modernes de deux images extraites des introductions de "Panique' 'Weird science #4, 1950, par Al Feldstein),  et "Folle à lier" (Jack kamen, Suspense stories #6, 1951)

Single du groupe italien Hermits (1993), et compilation Sixties rébellion "Dememted" (1994)

Nb : Les couvertures des numéros utilisés dans chacun des recueils sont reproduites (en petit format) sur les quatrième de couvertures. 

La couverture du recueil "Weird science" est un hommage moderne rendu par les auteurs franco-américains Stan & Vince, à la couverture du numéro #3 de Sept/Octobre 1950 de la revue. On peut dire qu'elle est plutôt réussie.