Verdi par Anna Netrebko : quand la diva sublime le maître

Publié le 20 août 2013 par Nicolas Bourry @nicolasjarsky

© Pramzan

La rentrée c’est pour bientôt ! L’année Verdi touche à sa fin mais avant cela match des « poids lourds ». Placido Domingo et Anna Netrebko sortent simultanément un album rendant hommage au compositeur. Honneur aux dames, commençons nos critiques par l’album Verdi de celle que l’on appelle de plus en plus régulièrement La Netrebko. On ne présente plus la soprano russe, superstar, célébrée sur les scènes du monde entier. Certains de ses rôles sont inoubliables. Dans La Traviata à Salzbourg avec Rolando Villazon et Anna Bolena à Vienne, Anna Netrebko donne une leçon d’art lyrique. Puissante, sensuelle, elle se donne entièrement à ses personnages et ne se ménage pas. Ses enregistrements sont aussi incontournables : Opera Arias et Sempre Libera sont des compilations des airs les plus célèbres et sa voix suave sert tout aussi bien Donizetti que Verdi ou Bellini. Son album sur les airs russes était une belle prouesse et a permis de redécouvrir un répertoire pas assez joué. Sur ce nouvel album nous portons donc un regard critique dans le sens où Anna Netrebko n’a pas le droit à l’erreur et un regard adouci puisque nous aimons beaucoup La Netrebko. Couverture élégante comme une promesse d’énergie et d’investissement. Nous sommes du coup alléchés ! Et comme d’habitude Anne Netrebko frappe fort. Quelle solidité, quel sens dramatique… La soprano se met même en danger, prend des risques et se livre corps et âme ce qui donne à son interprétation une fraîcheur surprenante pour une artiste de cette trempe, à la carrière longue et prestigieuse qui aurait pu faire le choix de la facilité. Loin de là… On écoute l’album de bout en bout sans s’ennuyer un seul instant. Electrique, vivante, Anna Netrebko accompagnée de l’orchestre du Théâtre Royal de Turin, brillant, et avec la participation de son camarade Rolando Villazon, offre une interprétation sans faille. Le choix des airs est aussi intéressant. Pas de Traviata par exemple et cela permet de découvrir la soprano dans des airs peut-être légèrement moins coutumiers. Avec cet album Verdi, La Netrebko fait sa diva, au sens noble, pour notre plus grand plaisir. Sortie prévue le 16 septembre, achat prévu le jour-même. Rolando Villazon lui aussi s’était prêté au jeu de l’année Verdi, souvenez-vous…