L'histoire : Une sale bêbête (un léopard) s'évade dans une bourgade des USA et commet une série de meurtres. La police enquête...
La Critique d'hdef (la cinquième) :
Sorti en 1946, L'Homme Léopard est arrivé dans l'oeuvre de Tourneur après de nombreux succès au cours de la décennie, comme La Féline en 1942, Vaudou en 1943, Angoisse en 1944, a peu près tous produits par Val Lewton. Néanmoins, le film qui fait l'objet de cette critique n'est (hélas) pas à la hauteur de ses prédécesseurs cités plus haut. L'Homme Léopard ressemble en fait d'avantage à une série B bien ficelée qu'à un classique du genre.
Ce film souffre finalement, si l'on regarde attentivement, nombreuses incohérences, notamment du côté du scénario (on peut y voir un amoureux donnant rendez-vous à son amie dans un cimetière, comme s'il n'avait pas trouvé d'endroit plus romantique !!)... Ensuite, le film de Tourneur souffre d'une impression de déjà-vu très gênante, avec un nouvel intérêt des scénaristes (visiblement peu inspirés) pour les félins.
Cet amour du cinéma d'horreur de l'époque pour ces animaux reste d'ailleurs assez mystérieux.
Quoi qu'il en soit, le film n'est sûrement pas capital dans la filmo du cinéaste et se range plutôt aux côtés de ses exercices de style comme Nyghtfall. Néanmoins, L'Homme Léopard, bien que n'étant pas exempt de défauts, parmi lesquels on comptera aussi un style visuel un peu trop chargé et des personnages assez clichés (la voyante, l'enquêteur beau gosse etc), n'est pas non plus, loin de là, un ratage. En effet, on reste en haleine de la première à la dernière minute de cette adaptation en un film honnête et agréable du Chien des Baskervilles de Sir Arthur Conan Doyle.
Bien que balisée, l'hisoire possède un suspense astucieux parsemé de scènes de crime qui font correctement leur job : celui de foutre les jetons ! Et ici, nous voyons très bien à quel point la virtuosité de la mise en scène de Tourneur est au point. Si le final, rythmé par un bruit de claquettes obsédant (fait par UNE des protagonistes, car ce sont souvent des femmes dans les films de Tourneur), est assez réussi visuellement, au milieu de cette procession démente, en commémoration de la mort des indigènes à l'époque des grandes découvertes, qui préfigure SPOILERS la mort du savant fou, dont on se doutait de la culpabilité FIN DES SOILERS, le final en question reste assez (trop) bref pour être totalement crédible...
Reste un film bancal qui hésite entre polar et horreur, mais qui reste assez reccomandable, car la magie de son cinéaste y opère très bien.
Note : 13,5/20