Et si…

Par Hirondellina


Il est un village, à 1640 km de chez nous…

Un village  tout petit, tout blanc, enclavé dans les montagnes, et tout près de la mer… Aux alentours de ce village, des orangers, à perte de vue, et des cactus, aussi…
Pas de touristes, dans ce village, et c’est tant mieux… Pas de béton, non plus, et jamais, puisque qu’il est situé dans une réserve naturelle.
Dans ce village, où il n’y a jamais eu, ou si peu, de mouvement d’âmes, il y a une maison à vendre…

Cette maison, nous la connaissons, elle est  belle… Nous connaissons aussi très bien les propriétaires, des anglais, qui quittent à regret, ce havre, vendu décoré et meublé, caché de la civilisation du bruit et de la fureur…

Cette maison, avec ses hauts murs blancs, son immense portail et ses grilles en fer forgé, son escalier aérien, son pavillon d’invités dans le jardin, son jacuzzi accueillant et sa piscine où les dauphins bleus, semblent nous sourire, n’est pas une maison pour les vacances… Bien trop grande à entretenir pour n’y aller que quelques fois par an, d’autant plus qu’il n’y a pas de ligne aérienne  directe, depuis Genève…

Cette maison, est une maison pour y habiter à demeure, pour y vivre au rythme des saisons, pour aller cueillir les oranges en hiver, pour oublier les malheurs de la vie

Pour le prix de cette maison, à Genève, nous aurions… un parking dans la veille ville…

Comme il serait facile de changer de vie… Comme il serait facile de tout quitter, de vendre notre maison, d’acheter celle du village tout blanc, et de vivre dans la quiétude…

Ce village, tout blanc, en Andalousie, nous y sommes sentimentalement très attachés… Ce village qui, immuablement, reste le même,  fier et beau, c’est -enfin, c’était- le village natal, de la maman de mon oiseau rare…

Les plantations d’orangers, appartiennent à sa famille, et en été, ses tantes et ses cousines, qui habitent là, à l’année, ou quelques mois par an, sortent, devant leurs maisons, et tressent des petites guirlandes éphémères de jasmin, qu’elles transforment ensuite en broches odorantes…

Cette année, je n’ai pas assisté à la procession de la Virgen del Carmen, avec du jasmin dans les cheveux, parce que je n’ai plus de cheveux… Mais tout récemment, nous avons été submergés d’appels de la famille, pour nous parler de la maison qui pourrait être la notre…

Qu’il est difficile, parfois de discerner la raison, au milieu des élans du cœur… Certains  choisissent de tout recommencer, ailleurs, d’autres, préfèrent y réfléchir longuement, au risque de ne pas saisir leur chance…

Qu’il est difficile de trancher, lorsqu’il y a une vie bien établie, des enfants, deux chats et une boule de poils de 21 kgs…

  

Peut être que nous allons sauter le pas… ou pas…
Mais comme sont bons, tous ces moments de concertation intense…

Et si je m’envolais pour ailleurs ???