Nuit d’absinthe

Publié le 09 septembre 2013 par Adtraviata

Présentation de l’éditeur :

« En réalité, le malheureux s’excitait pour rien. Il n’était question d’aucun secret. Osman n’ignorait nullement que j’avais posé nue pour Phoenix il y a des années. Nous n’en avions pas parlé en détail. Osman s’était contenté de me dire qu’il était au courant. Au détour d’une conversation, presque à demi-mot. Comme s’il s’agissait là d’une erreur de jeunesse qui me poursuivait encore et me faisait énormément souffrir, et qu’il ne tenait pas à retourner le couteau dans la plaie. »

Une femme d’une quarantaine d’années sonne à la porte de l’un de ses amours de jeunesse et lui demande de l’héberger. Elle qui dans son adolescence a fait sensation en couverture de la presse érotique est restée très belle, mais a depuis abandonné sa longue chevelure et s’est rasé la tête. Terrifiée et en état de choc, elle vient de commettre un acte ultime et désespéré.

Nuit d’absinthe raconte l’histoire tragique et poignante de la chute et de la rédemption d’une femme broyée par le « système ». C’est aussi le portrait d’une héroïne à la Madame Bovary qui essaie d’échapper à l’ennui, à son quotidien et à la mort, d’abord avec son grand amour, le superbe Ali, qui finira par la quitter, puis dans un mariage décevant avec un époux médiocre, Osman. Son amertume et son détachement grandissants, et sa haine d’un système qui l’exploite, la conduiront à faire éclater le scandale pour dénoncer hypocrisie et opportunisme, les jeux de pouvoir entre la nouvelle bourgeoisie et les bureaucrates, et le prix à payer pour l’ascension sociale. 

Âpre et bouleversant, riche et authentique, Nuit d’absinthe se caractérise par une écriture moderne et inventive. Les jeux d’association et le réseau de références subtiles mis en œuvre dans ce roman ancré dans la société turque contemporaine placent Ayfer Tunç au tout premier rang des figures-clés de la jeune littérature turque. 

Bon, eh bien… voilà mon deuxième abandon de cette Rentrée (parmi les livres reçus de la Fnac, donc non choisis).

Je n’en dirai pas grand chose, étant donné que la quatrième de couverture est très prolixe (elle vous donnera peut-être envie de lire ce roman, bien davantage que mon abandon, forcément). J’en ai quand même lu une petite moitié sur 401 pages écrites assez petit, et sur épreuves non corrigées très pénibles à suivre : problèmes de mise en page des paragraphes, nombreuses fautes d’orthographe… Cela a peut-être contribué au sentiment d’ennui que j’ai ressenti à cette lecture : comme la narratrice fait constamment des effets d’annonce ou des retours en arrière, on devine à peu près le genre de scandale qu’elle a provoqué, et les sentiments douloureux dans lesquels elle se trouve. Elle ne cesse d’ailleurs de répéter l’expression "la nuit où j’avais donné le coup de grâce à notre amour" (et c’est assez horripilant).

Dans ce que j’ai lu, les passages où elle raconte son enfance et sa jeunesse marquées par l’accident terrible arrivé à son père et la séparation de ses parents m’ont plu. Mais les répétitions et la mauvaise qualité de la mise en page (je sais, c’est de ma faute, ce ne sont que des épreuves non corrigées) ont eu raison de ma patience. Et je l’avoue, je n’avais pas l’esprit très disponible pour un tel roman en cette deuxième moitié de juin, j’en suis désolée. Je n’ai pas eu le temps (ou la finesse ?) de percevoir l’évocation de la société turque contemporaine dont il est question dans la quatrième de couverture. Quant à la comparaison avec Madame Bovary… il faudrait vraiment que je relise ce roman-là !!

Ayfer TUNC, Nuit d’absinthe, traduit du turc par Ferda Fidan, Galaade Editions, septembre 2013

Merci à la Fnac pour l’envoi de ce livre, lu dans le cadre du jury de la Rentrée littéraire


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