[critique] Il était une fois en Chine II : la Secte du Lotus blanc

Publié le 11 septembre 2013 par Vance @Great_Wenceslas

Cette semaine, vous pourrez trouver dans vos bacs la version HD d’une saga remarquable par ses ambitions et sa forme. Le format 2.35 :1 respecté est soutenu par une piste VF en DTS HD-MA 5.1 (alors que la VO cantonaise est en 2.0). Le blu-ray HK region B propose les 3e et 4e parties d’un documentaire sur la légende de Wong Fei-hung, figure légendaire plusieurs fois incarnée à l’écran.

 

J’ai du coup éprouvé le besoin de ressortir et dépoussiérer une vieille critique de la version DVD, déjà très bonne malgré une VF plus que contestable, et bénéficiant d’une truculente présentation par Jean-Pierre Dionnet.

La comparaison avec le premier volet est inévitable : c'est plus lent dans sa mise en place, l'action est moins présente, l'accent semble davantage mis sur les dialogues, quelquefois savoureux, surtout lorsqu'il y a des traductions à faire en anglais. Le choc des cultures est le point focal ici, le statut de maître du kung-fu de Fei-Hung est mis en retrait par rapport à celui de médecin : on le voit faire une conférence - au cours de laquelle il est épaulé par un futur allié rebelle - et soigner des blessés anglais.

Cela dit, les rares combats, orchestrés par Yuen Woo-Ping, sont splendides. L'un d'eux rappelle furieusement l'affrontement dans la salle de go de Hero. Celui dans lequel nos héros investissent la Secte demeure le point d'orgue et Jet Li peut enfin faire parler sa puissance et sa grâce, lui qui a été éduqué à Shaolin. Il est d'ailleurs étonnant dans ce rôle, dans lequel ses sentiments prennent peu à peu le pas sur des convictions sans cesse remises en cause. Mais même là, j'ai trouvé le combat moins axé sur le spectaculaire (ça n'avait pas le caractère énorme du duel dans le premier opus) : il a affaire à forte partie, mais demeure constamment à son avantage. C'est un combat qu'il ne peut pas perdre. Le suspense n'ayant plus cours, on peut s'ébahir sans honte devant certaines prouesses athlétiques.


Au final, le spectacle est plus qu’intéressant, dans lequel les arts martiaux cèdent le pas à une réflexion sur la colonisation, ses bienfaits et son impact sur la société future. Faut-il tourner la page, aller de l'avant ? Faut-il au contraire faire table rase et revenir aux bonnes vieilles méthodes ? Wong se retrouve avec ses amis (beaucoup moins nombreux que dans le premier) à un carrefour de l'Histoire, à un carrefour de cultures. Ancien maître de guerre, il s'efforce de comprendre ses concitoyens, leurs desiderata, leurs problèmes mais cherche aussi à maintenir le contact avec les tenants de la culture occidentale, grâce à l'appui et l'affection de sa « tante » (l’utilisation des guillemets est voulue). Privilégiant l'ouverture d'esprit (davantage que dans le premier épisode), il tente de montrer la voie à suivre à des compatriotes dépassés par les événements et facilement manipulables.

Un excellent pendant au premier épisode.

Ma note (sur 5) :

4


Titre original

Wong Fei-hung ji yi : Naam yi dong ji keung 

Mise en scène 

Tsui Hark

Date de sortie France 

18 mars 2000

Scénario 

Tsui Hark, Chang Tin-suen & bien d’autres 

Distribution 

Jet Li, Rosamund Kwan & Donnie Yen

Durée 

112 minutes

Musique

Johnny Njo & Richard Yuen

Support 

DVD Studio Canal 2001, collection “Asian Classics” ; 2.35:1

Son 

VF Arkamys 5.1 ; VO cantonais Arkamys 5.1

Synopsis : En 1895, la colonisation occidentale en Chine devient inacceptable pour certains qui veulent profiter du chaos ambiant pour prendre le pouvoir, quitte à refaire sombrer le pays dans la barbarie. La Secte du Lotus Blanc est de ceux-là, son influence se fait grandissante et Wong Fei-Hung, qui s'est déplacé dans l'espoir de communiquer son savoir de médecin chinois à ses homologues occidentaux, se retrouvera vite en butte à de nombreuses oppositions, d'autant que sa bien-aimée (celle qu'il appelle sa tante et à qui il se refuse de dévoiler son penchant) va se retrouver exposée à de nombreux dangers. Quant au préfet, il veut reprendre sa mainmise sur la ville, coûte que coûte.