Nous

Publié le 26 septembre 2013 par Gentlemanw

La lumière du soir décroît à une vitesse étonnante, rappelant le calendrier, répétant le flux des saisons, la pluie, l'automne, plus vite encore l'hiver, ces soirées froides et enfermées. Mais ce soir c'est différent, une lumière douce qui se reflète sur les vitres, un télévision et petite table basse improvisée sur un tabouret, deux tasse des thé chaud. Nos livres et magazines sont sur le sol, nous sommes tous les deux, là sur notre canapé. 

Des moments complices, ceux d'une femme et d'un homme amoureux, simplement in love comme dirais leurs enfants respectifs. Fusionnels un peu, parfois beaucoup, naturellement en contact, tous les deux par leurs regards, plus encore par leurs discussions, leurs interminables sujets de paroles, de rebonds vers d'autres sujets, de parenthèses pour revenir à des mots silencieux, ceux de l'amour. Lovés l'un contre l'autre, au chaud, elle a enroulé ses épaules dans une étolle de cachemire, mais elle apprécie tant la chaleur de son homme. Lui sourit, il la serre d'un bras autour de sa taille, caresse ses jambes de l'autre main. Ils parlent.

Ils savourent ce thé acheté durant le week-end, des moments où ils ne sont jamais ensemble, chacun dans leur famille, auprès de leurs enfants. Filles et garçons, adoslescents et jeunes filles, tous les caractères, toutes les tailles, mais toujours une quête évidente de bonheur, de partage avec eux. Ils ne veulent les sacrifier, mais ils ont expliqué, ils ont écouté, ils donnent cet amour et poussent en avant la première des valeur, la famille.

Pourtant celle-ci pèse sur leur amour, sur ce couple qu'ils forment que par de trop rares moments, mais heureusement le contact n'est jamais rompu. Ils se parlent, s'appellent, se répondent pas sms, usent de tous les médias pour s'envoyer des signes, des preuves d'amour.

Ce soir, ils sont ensemble, un privilège, une nuit suivra, mais ces instants routiniers devant la télé, devant ce ballet de danse, devant des notes de Mozart ou d'un autre classique, ils les dégustent. Une normalité qu'ils aimeraient tant avoir tous les soirs. L'un embrassant l'autre, prenant des nouvelles, préparant un repas, choisissant sa robe pour lui, serrant son noeud de cravate pour elle. Ils s'aiment, quoi de plus simple.

Et leurs caresses, leur fusion les moule l'un dans l'autre. Un corps, des câlins, des ronronnements entre deux chats, une complicité depuis les premiers jours, une réelle symbiose intellectuelle. Elle lui sourit, il l'embrasse. Ses lèvres rouges, ses ongles rouges foncés, sa féminité le séduisent chaque jour, chaque fois qu'ils se voient, mais aussi chaque jour car il sait qu'elle sera être élégante en pensant à eux. 

Il tourne la tête vers cette danseuse sur l'écran, cette étoile, des pas légers dont il mesure la force des répétitions, des exercices et des sacrifices. Peut-être un peu de leur vie, des belles envolées, des moments, des heures, de trop rares journées, quelques soirées, pour devenir un feu d'artifice de sentiments et d'émotions. Mais surtout les autres moments, les autres jours, séparés, loin par les kilomètres, jamais loin par les mots et le coeur.

Son coeur s'emballe, sa sensibilité affleure, elle serre sa main sur la sienne, car elle le ressent. Son coeur palpite un peu plus car jamais personne n'a eu ce regard vers lui, cette intense et subtile présence pour le calmer, pour comprendre ces doutes, cette force intérieure qui lui fait dévorer de mots la vie tout entière. Elle sourit encore, se penchez vers lui, dans son cou, s'enflant de son parfum. Ils sont un.

Un seul amour !

Nylonement