Santi Oliveri – "Changing Places".

Par Lifeproof @CcilLifeproof


Santi Oliveri, photo issue de la série Changing Places, 2013. © Santi Oliveri

Dans le cadre du festival L’Image Publique destiné à nous faire découvrir le travail de photographes expérimentant la notion d’espace, j’ai choisi à cette occasion de vous faire partager les photographies de Santi Oliveri. Sa série intitulée Changing places, exposée très prochaine à l’Antipode MJC, à Rennes nous plonge dans l’observation des façades tout en nous faisant réfléchir sur leur histoire.


Santi Oliveri, photo issue de la série Changing Places, 2013. © Santi Oliveri

Façades. Pas toujours blanches, pas toujours propres et n’offrant pas la même vue, elles traversent le temps. Elles sont les yeux et les oreilles d’une ville.

À travers une démarche essentiellement esthétique, le photographe Santi Oliveri nous donne à voir une certaine réalité sociale. En arpentant les villes méditerranéennes, il capture la multiplicité des architectures, parfois symbole de l’écart toujours plus grand qui sépare les classes aisées des classes populaires. Ses photographies de façades nous montrent implicitement la « façon de vivre » des individus au travers des différents quartiers, laissant au passage apparaître la cohabitation ambiguë qui demeure entre les immeubles résidentiels, les barres et tours où ont été rassemblés les étrangers à une époque où la France avait du mal à accepter ses immigrés. Ces différentes architectures, que le photographe cherche à mettre en valeur, sont finalement le reflet de la mixité des populations au sein de ces bâtiments, dans des villes comme Marseille, où plusieurs nationalités se côtoient.


Santi Oliveri, photo issue de la série Changing Places, 2013. © Santi Oliveri

Entre les façades en ruines et celles tout droit sorties de la tête d’un architecte en vogue, les mises en parallèle que permettent ces photographies sont avant tout un témoignage social. Au-delà de la dimension architecturale, Santi Oliveri s’intéresse à l’histoire et à la façon dont les individus s’approprient les lieux et comment leur passage laisse finalement une trace sur ces façades. L’usure du temps et les vêtements étendus offrent au photographe une variation chromatique et rappellent une fois encore la diversité des identités. À travers cette photographie urbaine, Santi Oliveri effectue un travail de mémoire, ces constructions étant les marques les plus visibles du temps qui passe.

En ce sens, on peut conférer à sa photographie une approche documentaire, qui n’est pas sans rappeler celle des Becher. Tout comme eux, il applique un cadrage frontal et serré sur son sujet, sans prétention, ne recherchant pas par de multiples artifices à esthétiser sa photographie, mais parvenant à retranscrire la réalité d’une société en perpétuelle évolution, au sein de laquelle les classes et les cultures ne cessent de se croiser.


Santi Oliveri, photo issue de la série Changing Places, 2013. © Santi Oliveri

Ces perspectives dites « plates » dessinent un puzzle qui allie paysages urbains et portraits allégoriques et figent ces façades remplies de fenêtres, qui éclairées le soir venu, semblent se confondre avec des navires perdus dans la nuit. 

Adoptant une démarche sociologique, le photographe parcourt la ville en vue d’en montrer les faces cachées. Cette démarche est une mise en lien direct avec les années d’études de sociologie qu’il a entrepris quelques années plus tôt. Finalement, à travers ce sujet d’étude, Santi Oliveri joue sur le sens du mot « façade »  et ses possibles interprétations : à la fois surface visible d’un bâtiment et miroir réflecteur d’identités.

Marine.

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Pour plus d’info :

Santi Oliveri : http://www.santioliveri.com/

Antipode MJC Rennes :  http://www.antipode-mjc.com/infos/infos-pratiques-2/

Expo du 7 octobre au 3 novembre, vernissage le 9 octobre à 18h30, plus d'infos par là:

http://www.antipode-mjc.com/evenements-antipode-mjc/p-et-changing-places-de-sebastien-pageot-et-santi-oliveri/