Gerard Bertrand et le vin bio subliminal

Publié le 01 octobre 2013 par Ecosapiens

Attention : ce billet n’est pas du publi-redactionnel. C’est pas le genre de la maison…

Quand on aime le vin, qu’on tient à sa santé, qu’on est écolo, et qu’on a pas la chance d’avoir un caviste engagé près de chez soi, on se rabat souvent sur la « sélection » bio de son supermarché. Deux Bordeaux, un Côte-du-Rhône, parfois un Bourgogne  et qu’on reconnaît à un petit carton vert glissé sur le col de la bouteille…

Invité à une soirée, vous devez ramener à boire et vous voilà donc en face-à-face pendant de longues minutes devant ce choix pourtant limité. Or, depuis des années on trouve fréquemment des bouteilles de Languedoc « Gérard Bertrand ». A côté du label AB, on y lit la signature « Le vin autrement ».

Et je dois avouer que Gérard Bertrand m’a sauvé la mise plus d’une fois. Prix abordable, seul vin bio dispo en rayon chez les enseignes urbaines, pas mauvais (pas incroyable non plus) ca permet de rester fidèle à ses convictions sans paraître intégriste à la soirée. Si vous vous êtes organisé pour passer par exemple à Biocoop et que vous avez déniché un vin biodynamique Demeter, prenez garde… Selon votre public, vous aurez peut-être à raconter ce qu’est ce label, la biodynamie et si vous vous aventurez à parler de la lune et des cornes de vache, vous aurez de graves problèmes devant un auditoire non averti…

Mieux vaut parfois jouer l’anonymat…

Bref Gérard Bertrand, je le connais que pour son vin qui m’a bien dépanné. Et j’ai découvert que c’était un ancien rugbyman. Sur un vieil article de 1998, j’ai pu lire qu’il a cessé le rugby pour reprendre le domaine de son père victime d’un accident et d’une grave blessure liée au sport. De Narbonne (dont il a été plus jeune capitaine du club), il s’est mis en tête de valoriser les vins du Sud à partir du domaine des Corbières.

Une belle histoire quand même. Une success-story comme on les aime, surtout si on aime le vin, le rugby et le Languedoc. Il vend tout de même 10 millions de bouteilles, 50% à l’export dans 65 pays. Même si 20% de son activité est bio, il est indéniable qu’il oeuvre concrètement pour une oenologie réellement engagée.

Autrement est une collection de 6 cuvées dont 4 Vins de Pays d’Oc et 2 vins d’AOC Corbières et Languedoc, toutes certifiées AB par Ecocert, label de référence des consommateurs sur le marché français.

Et la volonté est aujourd’hui de passer en biodynamie (certaines parcelles le seraient déjà, comme le domaine de Cigalus). On applaudit !

Dernièrement, un lecteur fidèle m’a envoyé ceci.

Bon. Et alors ? Il n’y a pas de label AB et puis voilà.

Sauf que, lui aussi certainement imprégné de l’idée Gérard Bertrand=Autrement=Bio, voici ce qu’il a vu:

Il a lu vite et il a lu « Bio ». 3 lettres révélées dans le secret des pétales… Volontaire ? Faudrait pas être parano. Cependant, on peut chercher longtemps dans la nature des fleurs qui ressemblent de près ou de loin à celles ici dessinées.

De quoi se demander si cette illustration n’est que le fruit d’une imagination hasardeuse.

En tout cas, si c’est voulu, je ne dirai pas qu’il y a tromperie. J’y verrai une sorte de message subliminal cohérent : « cette bouteille ne peut pas ici prétendre au label AB, mais on y travaille pour de vrai ! »

PS : un billet qui permet de rappeler que la dernière étude sur les pesticides dans le vin est encore alarmante. Générations Futures et Que Choisir confirment donc chaque année ce que nous savons. Boire du vin (non bio) est réellement dangereux pour la santé !

Cette histoire me rappelle cette rumeur expliquant que les paquets Marlboro contenaient des indications secrètes sur le KuKluxKlan…

Ou encore De Gaulle sur les boîtes de Vache qui rit…

Mention légale : le vin bio est à consommer avec modération. On en référence du rouge et du blanc.