"Paris pour l’emploi" : je ne parie plus pour un emploi !

Publié le 07 octobre 2013 par Mamzelleb @mamzelleb

Vendredi je me suis rendue à la 11ème édition du Forum de recrutement « Paris pour l’emploi » place de la concorde. D’un pas léger, armée de CV, bien déterminée à échanger enfin avec des recruteurs laissant place à la recherche d’emploi virtuelle et froide.

Arrivée avant 9H00, la foule se presse déjà, un long flux de costumes, de robes mais aussi de jeans-baskets se dresse jusqu’au jardin des tuileries. Ce fleuve de chômeurs est assez démoralisant et renvoie à la situation quotidienne difficile de ces personnes, à leur précarité, à ma précarité.

9H05 la masse bouge, obéissante sans bousculade. Un café d’accueil est proposé. Les chômeurs remontent un tapis rouge, notre festival de Cannes du CV que je tends afin qu’il soit numérisé. Numérisé pourquoi ? Aucun agent ne précise la finalité de cet acte, une diffusion sur des écrans, une CVthèque consultable à postériori par les recruteurs ? Tel le chien de Pavlov, je m’exécute et jette cette bouteille à la mer.

En amont, j’avais préparé ma visite en imprimant le fameux PDF sur carrefouremploi.org . Ce sera « Communication, média et multimédia », « multimédia », ce terme s’utilise encore ? Ah oui, je me doutais que le code ROME de Pôle emploi n’était pas loin pour organiser ce listing de l’emploi.

Je suis donc opérationnelle : j’ai le plan, ma liste des stands, mon bloc pour le débrief de chaque entretien. Je commence et je me casse le nez sur la section Handicap, strictement réservée aux candidats handicapés. Là, je suis coupable, je n’ai pas fait assez attention, je pensais que le recrutement se faisait de manière mixte sans distinction au vue de l’OETH. Pour moi, nous sommes tous des candidats et l’accessibilité handicapée du salon devrait être pensée dans son intégralité et non pas limitée à un espace.

Avec mon erreur, je peux donc barrer 10 stands à visiter.

Ensuite, je me casse à nouveau le nez car la liste des écoles de formation et des entreprises est mélangée. Il est précisé sur la brochure « Offres d’emploi et de formation par métiers » mais un distinguo pourrait être créé, un espace « métiers » et un espace « formation ».

Ces petits désagréments n’entachent pas mon moral et je remonte les allées avec enthousiasme tels les touristes faisant un jeu de piste dominical dans les rues de Paris.

Concrètement, je n’ai transmis que deux CV, une entreprise « Paris Initiative entreprise » recrutait bien un « animateur réseaux sociaux » pour janvier 2014 et LFP Intérim pourtant répertoriée dans « assistant de communication ; responsable de la communication » ne recrutait pas dans ce domaine. Elle était spécialisée dans le luxe. J’ai insisté en disant que les entreprises spécialisées dans le luxe pouvaient avoir des besoins dans leur communication.

Le groupe Casino était également listé dans la Communication, mais recherchait uniquement un boucher, un poissonnier, un responsable d’exploitation logistique…cherchez l’erreur !

La cerise sur le gâteau est la présence d’Emploipublic.fr dont les clients n’étaient pas présents sur le stand et qui ne prenait aucun CV. La personne présente m’a tendu une plaquette "Jeune diplômé cherche le job de sa vie dans la Fonction Publique" en me disant de candidater via le site internet. Jeune diplômée, je ne le suis plus et devenir fonctionnaire en aggravant la dette de l’Etat n’est pas forcément le job de ma vie.

Ce forum de recrutement n’était-il pas l’occasion de basculer dans l’IRL, de rencontrer les recruteurs et d’humaniser la recherche d’emploi ?

Je suis très déçue par ce salon qui n’est en fait qu’un dépôt-minute de CV assez désorganisé, notamment pour les métiers de la communication et du web.

Que je postule de chez moi ou du salon, le résultat est le même.

Nota bene : des petites tables d’appoint auraient été utiles pour pouvoir écrire des notes, des débriefs après chaque entretien.

Bilan : retour à la case départ de la recherche d’emploi dès 10H30 !