Le tireur de Libé avait-il des motivations confuses ?

Publié le 22 novembre 2013 par Copeau @Contrepoints
Actualité

Le tireur de Libé avait-il des motivations confuses ?

Publié Par Marc Crapez, le 22 novembre 2013 dans Sujets de société

Le tireur de Libération était un cinglé issu du sérail d’extrême-gauche.

Par Marc Crapez.

Ils sont incorrigibles. Après avoir insinué que le tireur de Libération était probablement influencé par l’extrême-droite, les voilà qui cherchent à gommer son pedigree d’extrême-gauche. Ils se perdent en conjectures dignes de romans d’espionnage.

Ils glosent sur ses motivations floues, confuses (Le Monde) voire délirantes (Le Parisien), parce qu’il évoque la Libye, la Syrie, un « complot fasciste », « le capitalisme », la « gestion des banlieues » qui serait une « entreprise de déshumanisation », et accuse les médias de participer à une « manipulation des masses ». Déjà en 1995, il disait sa haine du « complot fasciste » et d’un « pays qui compte près de 20% d’électeurs fascisants ».

Tout ceci est clair comme de l’eau de roche. Abdelhakim Dekhar a, derrière lui, une carrière de militant d’extrême-gauche, s’agitant en faveur des sans-papiers, contre le fascisme, l’impérialisme et le capitalisme : « Squatt, concerts, manifs, réunions, guerre du Golfe, mouvement anti-CIP, soutien aux Maliens de Vincennes », énumère sur lui Libération à l’époque de l’affaire Rey-Maupin.

Banalité de certaines thématiques

Faut-il rappeler que l’un des deux auteurs des attentats de Boston, du printemps dernier, avait écrit sur son Facebook : « je ne discute pas avec les idiots qui disent que l’islam c’est du terrorisme » ? Cette phrase, exacte au pied de la lettre, mais discutable dans son esprit, puisqu’elle vise à rabaisser ceux qui doutent que l’on puisse découpler complètement le jihadisme de l’islam, est d’une consternante banalité dans bien des milieux.

Ce n’est pas très différent du climat idéologique dans lequel baignait Clément Méric, sensibilisé à la « poussée de l’extrême-droite » dans des groupuscules qui véhiculent l’imagerie violente de l’extrême-gauche en guerre civile avec l’extrême-droite, par exemple avec le slogan « l’extrême-droite, mieux la connaître pour mieux la combattre », agrémenté d’un dessin où un antifasciste lui assène un coup de poing.

Consternante banalité de certaines thématiques. L’idéologie ne suffit donc pas à expliquer la violence. La plupart des sympathisants des mouvements extrémistes sont de paisibles citoyens. On devrait qualifier le tireur de Libé de cinglé extrémiste. Encore faudrait-il que la gauche renonce à ses slogans liberticides sur la « parole qui se libère » et « les mots qui tuent ».

Le tireur de Libé jugeait la France indigne vis-à-vis des immigrés en particulier et de l’islam en général. Il en voulait au journal de gauche de ne pas insister suffisamment sur la méchanceté de la France. C’est un peu une transposition de la thématique du « social-traître », avec laquelle les communistes les plus radicaux haïssaient les socialistes.

Un fanatique peut imaginer une manip’ médiatique dans un sens défavorable aux thèses d’extrême-gauche. Même si les faits démontrent le contraire, et que se multiplient des phénomènes de rétention d’information sur les sujets qui déplaisent à l’extrême-gauche. Sur les images vidéo qui prouvaient que Clément Méric était bien l’agresseur (et la mort du hooligan d’extrême-droite Yann Lorence, lynché par des hooligans d’extrême-gauche en mars 2010). Ou sur les déclarations du Sieur Dibrani selon lesquelles, durant la campagne présidentielle, sur les conseils d’une association de sans-papiers, « on a fait du porte-à-porte en distribuant des tracts du PS, on s’est tapé tous les meetings du Doubs pour crier Vive Hollande » – propos relatés uniquement par Stéphane Kovacs, une journaliste du Figaro toujours courageuse.

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