Impossible de fermer l'œil. Ça dure depuis mon retour en ...

Par Eric Mccomber
Impossible de fermer l'œil. Ça dure depuis mon retour en Languedoc, en début de semaine. Strange days indeed. J'en ai profité.
J'ai enfin terminé de défaire mes valises, reliquat de six mois d'intenses déplacements. Check.
J'ai fait un sacré ménage de ma chambre et de mon studio. Check.
Et c'est pas terminé. J'avais entrepris l'an dernier de faire fondre ma montagne de courriels. Ça y est. Une boîte de réception vide ! Toute vide ! Ouah. Angoissant, limite. Check.
Perdue parmi ces courriels, il y avait la requête d'un sympa monsieur du Pas-de-Calais qui voulait un exemplaire dédicacé de La Solde pour sa femme, apparemment une « fan fidèle ». Le mot datait de 2011. J'ai posté le bouquin ce matin. Check.
Ma grande amie Doodle nous a prêté son logement pendant notre voyage au Québec (je suis allé montrer à ma Pchite Perle la lande de mes origines). Un sac m'y attendait, bourré de trucs et machins qui traînaient chez elle depuis notre séparation, qui a eu lieu au début de la première guerre mondiale. Dedans, il y avait une broche, cadeau d'une amie qui me l'avait ramenée d'Écosse, vers l'aube de la préhistoire. Cette broche représente une épée sur laquelle est gravée la devise de mon clan: « Touch not the cat bot a glove », qui grosso modo signifie qu'il vaut mieux foutre la paix au minou qui a sorti ses griffes. J'ai longtemps pensé (avant l'ère Internet) que ça voulait dire qu'on peut tout faire, en autant qu'on passe par le truchement des bonnes manières. Mais non. Enfin. C'est bel et bien : Don't fuck with the hungry grizzly. En partant du Québec, le mois dernier, j'ai foutu ce sac quelque part dans mes bagages et ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai fini par le retrouver, encore, et y pêcher cette broche. Désormais, elle orne mon chapeau. C'est seyant. Ah, ça y est, j'ai trouvé l'équivalent français. « Qui s'y frotte s'y pique. » Check.
Toujours dans le cadre du même ménage, j'ai retrouvé derrière mon micro-frigo une petite pochette contenant un grigri que m'avait confectionné une admirable et adorable sorcière sauvaine en 2009. Je me suis empressé de le réintégrer à mes objets mobiles. Qui sait ?! Check.
Ah ! Ça y est. Je crois que je vais pouvoir enfin dormir. Y a mon corps me lâche. Je monte me déshabiller. Je jette mes vêtements puants de tristesse dans mon panier à linge. Je me glisse dans les draps à côté de Modestine, qui ronronne. Soudain, j'ai un léger frisson. Puis, un spasme. Puis, une longue séquence de convulsions atroces. J'ai connu ça autrefois, mais c'était des trucs sérieux ! Haussement d'épaules… j'étire le bras pour emmener vers moi mon sac de couchage d'hiver. Un truc dans lequel on crève et sue jusqu'à -20c. Ça y est, je m'y love, en plus des couvertures, mais je continue à subir ces étranges secousses. Je me dis que c'est mon corps qui tente d'expulser de moi les étincelles toxiques de mes amours agonisantes. Je recommence à pleurnicher comme une fillette qui saigne du genou. Et je m'endors ainsi. Check.