Pourquoi les français se remettent-ils au jardinage ?

Publié le 20 janvier 2014 par Brunetisa

Pour répondre à cette question, je vous propose un extrait de l'introduction du livre de Claude-Marie Vadrot "La France au jardin" :

" Parce qu'il s'agit d'un moyen d'échapper, autant que faire se peut, aux produits standardisés de la grande distribution écoulant à prix fort une production qui sacrifie délibérément le goût à l'aspect et aux facultés des fruits et légumes à supporter le transport pendant lequel ils mûrissent.

Parce que de plus en plus de gens se méfient des produits qui subissent, et donc absorbent, entre vingt et trente traitements différents au cours de leur croissance.

Parce qu'il s'agit d'échapper aux conséquences de la baisse du pouvoir d'achat, l'expérience m'ayant prouvé que le jardinier est également facilement gagnant sur ce point crucial, surtout s'il évite les dépenses en produits chimiques et en engrais.

Parce que enfin il s'agit aussi d'un retour à la nature et au naturel souvent et heureusement dépourvu de toute nostalgie, une façon utile et commode de redécouvrir le fonctionnement des plantes et des animaux qui peuplent et égaient un jardin, si petit soit-il.

Parce qu'il s'agit aussi d'un plaisir.

Toutes ces raisons conjuguées ou additionnées expliquent qu'au moins 70 % des Français, je reviendrai sur ce chiffre, aient désormais accès à un jardin, même minuscule, qu'il s'agisse d'un lopin de terre loué ou prêté aux portes d'une ville ou d'une banlieue, d'un jardin partagé, d'un jardin familial mis en commun ou d'un jardin personnel attenant à une résidence principale ou secondaire, voire d'un balcon ou d'une terrasse.

Car il existe aujourd'hui bien des moyens de cultiver son jardin comme le suggérait le Candide de Voltaire, laissant ainsi entendre qu'à la réflexion métaphysique sur l'état du monde, il faut parfois simplement, tout simplement, préférer un travail ou une activité qui contribue à améliorer sa vie.

Il en est ainsi du jardin vers lequel se tourne et se retourne un nombre grandissant de français, au point d'y produire chaque année près de 100 000 tonnes de tomates qui échappent à la commercialisation. L'aboutissement d'une longue histoire et d'une transformation progressive et passionnante de notre société de consommation. Pour un présent qui n'est en aucun cas de la nostalgie mais de l'espoir. Peut-être, si l'on songe à toutes les variations sociétales du jardinage, s'agit-il d'une amorce de révolution sociale."


Pour aller plus loin...



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